SCÈNE VII
VALDÉJA, SOPHIE.
SOPHIE
Eh bien ! monsieur, vous ne me remerciez pas du téte-àtéte que je vous ai ménagé?
VALDÉJA.
C'est un bonheur que personne ne révoquera en doute, car trop de gens ont été à même de l'apprécier.
SOPHIE
J'ai vu un temps où vous eussiez été fier de l'obtenir. (Riant.) II est vrai qu'alors je connaissais le chemin de votre cœur.
VALDÉJA.
Vous l'avez bien perdu.
SOPHIE
Oh ! si je voulais, je saurais bien le retrouver.
VALDÉJA.
Vraiment ?
SOPHIE
Je n'aurais pour cela qu'un mot à prononcer.
VALDEJA, souriant.
Ce serait donc un mot bien terrible 1
SOPHIE
Mais non, ce serait tout uniment le nom d'une jeune fille, douce, naïve, charmante ; et si je vous disais... Clarisse... (vaidéja fait un geste.) Ah ! VOUS Ic voycz, il scmblc déjà quc ce nom vous ait fait mal.
VALDÉJA.
Oui, dans votre bouche, car, du reste, ce nom-là ou tout autre ne saurait m'émouvoir.
SOPHIE, froidement.
C'est ce que nous verrons, et pour cela je continue. Vous l'avez aimée, et beaucoup ; et malgré l'éloignement et l'absence, vous n'avez rêvé, pendant trois ans, qu'au bonheur de l'épouser. Oh ! je sais tout, mes renseignements sont de la dernière exactitude. On s'informe avec tant d'intérêt de tout ce qui concerne un ami !
VALDÉJA.
Si c'est à cela que se borne votre science'?...
SOPHIE
Attendez donc ! Ce que personne ne sait, et ce que vous