SCÈNE PREMIÈRE
SOPHIE, puis ADÈLE.
SOPHIE, il la rnntonade.
Puisqu'elle ne peut pas tarder à rentrer, je l'attendrai...
mais ce n'est pas trop beau clieZ elle. (Regardant l'appartement.;
Cela ne vaut ni son riche appartement de la rue Saint-Honoré, ni la petite maison de M. Rialto.
ADELE, entrant et parlant à la cantonade.
Il y a quelqu'un qui m'attend, dites-vous? Dieu! si
G était... [Elle s'avance vers Sophie qu'elle reconnaît et dit froidement.)
Ah ! c'est toi, Sophie 1
SOPHIE
Tu me reconnais, toi, c'est heureux ; pour moi, je l'avoue, j'aurais eu quelque peine...
ADÈLE
Je suis donc bien changée !
SOPHIE
Tu as l'air souffrant.
ADÈLE
El loi, depuis trois ans que tu as quitté Paris?...
SiiuEF.. — (lEuvros complèus. Iif Se- ie. — S""" vol. — 17
SOPHIK.
J'étais allée en Belgique avec mon mari, lorsqu'il est parti pour ce pays-là, sans le dire à ses créanciers; car les fournisseurs en sont tous là... se ruiner en entreprises, en spéculations, quand il y a tant d'autres moyens...
ADÈLE
Et il ne lui est rien resté ?
Rien... que des dettes ; mais moi j'avais encore des espérances: un oncle paralytique, M. de Saint-Brice, qui, veuf et sans enfants, avait une immense fortune ; et je suis revenue en France, à Paris, où j'avais appris que, grâce au ciel, il venait de mourir ; mais vois l'horreur, j'étais déshéritée.
ADÈLE
Et comment cela?
SOPHIE
Tune le devines pas? M. de Saint-Brice. longtemps attaché aux affaires élrangèras, était lié avec ce Valdéja...
ADÈLE
Je comprends.
SOPHIE
Qui lui a déinlé sur mon compte je ne sais quelles calomnies, (luellos liorreurs, et ([ui a si bien fait qu'il a déterminé M. de Saint-Brice à laisser toute sa fortune à un parent éloigné de sa femme, à M. All)ert Melville.
ADÈLE
Mon beau-frère!... son rival! (Avec ironie.) Quelle générosité !
SOPHIE
Dis plutùl quelle rage de nuire; car eniin je ne lui avais enlevé que sa maîtresse... on on retrouve toujours! tandis qu'une fortune comme cclb-lî... VA maintenant, ne sachant