SCÈNE VI
1{ANTZAU, LA REINE.
LA REINE, à Roniznu qui la salue.
Et vous aussi, monsieur le comte, vous venez au palais présenter vos félicitations à votre très-puissant et très-heuroux collègue...
RANTZAU
Et qui vous dit, madame, que je n'y viens pas pour faire ma cour à Votre Majesté?
LA REINE
C'est généreux... c'est digne de vous, du reste, au moment où, plus que jamais, je suis en disgrâce... oii je vais être exilée pcut-ctrc.
RAMZAU.
Croyez-vous qu'on l'oserait ?
LA RlîINE,
Eh! mais, c'est à vous que je le demanderai ;vous, comte Bertrand de Rantzau, ministre influent... vous, membre du conseil.
RAMZAU.
Moi! j'ignore ce qui s'y passe... je n'y vais jamais. Sans désirs, sans ambition, n'aspirant qu'à me retirer des affaires, que voulez-vous que j'y fasse ? si ce n'est pa'-fois y prendre la défense de quelques amis imprudents... ce qui pourrait bien m'arriver aujourd'hui.
LA REINE
Vous qui prétendiez ne rien savoir... vous connaissez donc...
RANTZAf.
Ce qui s'est passé hier chez le roi?... certainement; et convenez que c'était une singulière prétention à vous de vouloir absolument lui prouver... Mais en pareil cas un bourgeois lui-même, un bourgeois de Copenhague ne le croirait pas ! et vous espériez le persuader à un front couronné !... Votre Majesté devait avoir tort.
LA REINE
Ainsi vous me blâmez d'être fidèle à Christian, à un roi malheureux!... Vous prétendez qu'on a tort quand on veut démasquer des traîtres !
R.WTZAU.
Et qu'on n'y réussit pas... oui, madame.