‹ OEuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 180 sur 223 · MARTHE, JE.4N, ÉRIC · texte numérisé non relu

MARTHE, JE.4N, ÉRIC

JEAN, avec joie et regardant à la cantonade.

Très-bien!... à merveille !... continuez comme ça.

ÉRIC

Eh quoi ! déjà de retour !... est-ce que mon père est che^: .Michel>on '?

JEAX, avec joie.

Mieux que cela.

MARTHE avec impatience.

Enfin il est en sûreté "?

JEAN, d'un air de triomphe.

[| a été arrêté.

MARTHE

Arrêté !

JEAN

Ne vous effrayez pas ! ça va bien, ça prend une bonne tournure.

ÉRIC, avec colère.

T'expliqueras-tu ?

JEAN

Je traversais avec lui la rue de Stralsund, quand nous rencontrons deux soldats aux gardes qui nous examinent... nous suivent... puis s'adressant à votre père : Maître Burkenstaff, lui dit l'un d'eux en ôtant son chapeau, au nom de Son Excellence le comte Strnensée, je vous invite à nous suivre ; il désire vous parler.

ÉRIC

Eh Ijien ?

JEAN

Voyant un air si doux et si honnête, votre père répond : Messieurs, je suis prêt à vous accompagner. El tout cela s'était passé si tranquillement que personne dans la rue ne s'en était aperçu ; mais moi, pas si bête... je me mets à crier de toutes mes forces : A moi ! au secours ! on arrête mon uiallre... Raton Burkcnstalï... à moi les amis!

ÉRIC

Imprudent !

JEAN

Pas du tout; car j'avais aperçu un groupe d'ouvriers qui

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se rendaient à l'ouvrage : ils accourent à ma voix ; en les voyant courir, les femmes et les enfants font comme eux, on ne peut plus passer, les voitures s'arrêtent, les marchands sont sur le pas de leurs portes et les bourgeois se mettent aux fenêtres. Pendant ce temps, les ouvriers avaient entouré les deux soldats aux gardes, délivré votre père, et l'emmenaient en triomphe suivi de la foule qui grossissait toujours ; mais en passant rue d'Altona, où sont nos atehers, ça a été un bien autre tapage!... le bruit s'était déjà répandu qu'on avait voulu assassiner notre bourgeois, qu'il y avait eu un combat acharné avec les troupes ; toute la fabrique s'était soulevée et le quartier aussi, et ils marchent au palais en criant : Vive Burkenstalï ! qu'on nous le rende !

ÉRIC

Quelle folie!

Et quel malheur!

MARTHE

ERIC

D'une affaire qui n'était rien, faire une affaire sérieuse qui va compromettre m^n père et justifier les mesures qu'on prenait contre lui.

JEAN

Mais du tout... n'ayez donc pas peur... il n'y a plus rien à craindre ! ça a gagné les autres quartiers. On casse déjà les réverbères et les croisées des hôtels... ça va bien, c'est amusant. On ne fait de mal à personne; mais tous les gens de la cour que l'on rencontre, on leur jette de la boue à eux et à leur voiture! ça approprie les rues... et tenez... tenez... entendez-vous ces cris?... voyez-vous ce beau carrosse arrêté près de notre boutique et qu'on essaye de renverser?

ÉRIC

Qu'ai-je vu? les armes du comte de Falkenskield!... Dieu! si c'était...

Il s'élance dans la rue.

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