MARTHE 13 JEAN
Eh bien! qu'y a-t-il?
RATON
Taisez-vous, femme ! taisez-vous ! les secrets d'État ne vous regardent' pas; qu'il vous suffise d'apprendre que je sais ce que j"ai à faire... Voyons un peu... (Prenant le papier cacheté.) « A Uaton Burkcnstaff, pour remettre au général Koller. »
MARTHE
Koller!
RATON, cherchant.
Qu'est-ce que c'est que ça? (se rappelant.) Ah ! je sais, un des nôtres dont la reine nous i)arlait ce matin... Tu ne te rappelles pas?
MARTHE
Si vraiment !
RATON
Il l'aura bientôt, c'est convenu. Quant à nous, mes enfants, ce qui nous reste à exécuter, c'est de sortir d'ici sans bruit, de nous tenir cachés toute la soirée...
Y penses-tu?
RATON
Silence donc ' c'est dans notre iilaii. (a Jean.) Toi, pendant la nuit, tu rassembleras les matelots norvégiens dont lu
bi;hth.\ni) kt haton iil
nous parlais tout à l'IuMiro ; tu lour donneras de l'or, beaucoup d'or; on mn lo rendra... en honneurs et en dignités...
et puis vous viendrez tous nie trouver aVanl le point du jour, et alors...
MARTHE
Cela sauvera-t-il mon tils?
KATON
Belle demande!... Oui, femme, oui, cela le sauvera... et je serai conseiller, et j'aurai une belle place... et Jean aussi... une petite...
JEAN
Laquelle ?
BATON
Je te promets quelque cliose... Mais nous perdons là un temps précieux, et j'ai tant d'affaires en tête 1 Quand il faut penser à tout... par où commencer? Ah! cette lettre à M. Kollcr, c'est par là d'abord qu'il faut... Venez, suivezmoi.
(jean et Marthe vont pour sortir par la porte à gaucbe ; KoUer parait à la porte du fond ; Raton s'arrête au milieu du théâtre. )