SCÈNE V. LIONEL, ARTHUR, tenant ZAMBARO au collet, BATHILDE
cachée, DEUX SoLDATS suivant Arthur.
LIONEL
Que vois-je !
ARTHUR, vivement.
Trahison !... qu'il ne puisse s'évader. (Aux deux soldats.) Restez à cette porte.
ZAMBARO.
Monsieur....
ARTHUR, le poussant avec force.
Ne bouge pas, malheureux.
LIONEL
Qu'y a-t-il donc?
ARTHUR
Ce traître qui s'échappait de cette maison, et demandait à un matelot l'hôtel du gouverneur.
LIOXEL.
Comment?
ZAMBARO, à part.
Malédiction ! Je voulais les sauver.
ARTHUR
Il allait livrer nos secrets.
Quelles preuves en avez-vous? Le baron...
ARTHUR
Ce n'est pas le baron.
LIONEL
Lui!
ZV.MBARO.
Vous osez...
ARTHUR
J'en suis sûr. Tout à l'iieure (pielqu'im m'a fait éveiller. c'était le véritable Courville.
LIONEL
Courville !
Z.\MH\n<), à part.
Oh ! maladroit ! je n'avais pas prévu...
ARTHUR, n Lionel.
Je ne puis en douter ; il m'a montré vos lettres, sa commission ; il venait nous prévenir qu'il ne pouvait rien, que mourir avec nous ! Les secours promis ne sont point arrivés; il est seul, tout nous manque : et c'est au moment oi j'accourais vous apprendre ces laciieuses nouvelles, que j'ai surpris ce misérable...
LIONEL, vivement.
0 ciel ! oi^i est le baron ?...
Retourné à son bord, pour nous envoyer de la poudre, des armes, ce qu'il pourra.
ZAMBARO, à part.
Il est parti... (Haut.) C'est une imposture : qu'on me confronte avec lui.
LIONEL, allant à Zambaro.
Un moment. (Regardant l'alcôve.) J'clais déjà instruit de cette trahison, mais cela ne suffit pas. (a zambaro.) Tu as eu des conférences avec le gouverneur, tu connais ses desseins, il faut nous les dire à l'instant.
ZAMRARO, embarrassé.
Messieurs, vous vous trompez ; je vous jure que j'ignore absolument... je suis pour vous... et...
(On frappe à la porte.) LIONEL.
Silence... qui vient' là?
(II va ouvrir.)