‹ OEuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 82 sur 223 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les mêmes; SOPHIE, RODOLPHE.

Charmant ! délicieux ! Quel séjour admirable ! nVst-il pas vrai ?

RODOLPHE

Moi, je n'admire jamais! (Apercevant Adèle qu'il salue.) Et il ne faut pas moins que la vue de madame pour me faire déroger à mes jirincipes.

AMELIE, bas à Adèle, qui baisse les yeux avec embarras.

Ne crains rien... tu peux lui faire la révérence... ton mari n'est pas là.

SOPHIE, passant près d'Adèle.

Que dis-tu, clirre amie, de notre visite impromptue ? J'adore les parties de campagne.

RODOLPHE

Et celle-ci a rendi. à madame toute sa bonne humeur.

ADÈLE

Est-ce que tu avais (pielque chagrin... quelque contrariété ?

RODOLPHE

Une très-grande ! Quand je suis arrivé chez madame, elle venait de voir dans le journal une place importante donnée à quelqu'un qu'elle ne peut souffrir.

ACHILLE

Il y a de quoi avoir une migraine !

RODOLPHE

Un M. Valdéja...

M. Yaldéja... le secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg?

18 i COMÉDIES — DRAMES

SOPHIE

Tii le connais?

ADÈLE

Fort peu!... Mais il a pour ma sœur une passion romanesque (pii la tlatle iulinimont. Je vous le dis en confidence et entre amies.

AMÉLIE

Sois tran([uille, ce n'est pas par moi que M. Valdéja en sera instruit, car je ne le connais pas.

RODOLPHE, montrant Sophie.

Madame ne peut pas en dire autant.

SOPHIE

RodolpJK! ! c'en est assez...

RODOLPHE

Kt pourquoi donc? Moi je ne cache jamais ni ma haine,

(En regardant Adèle.) ui UIOU aUlOUr. J'ailllC à VOUS CToire la

mi'me iVancliise, et vous pouvez bien avouer que .M. Vakh'ja est votre ennemi dc'claré.

AMÉLIE

Vraiment?

I-'l d'iionnour je le pi lins ; car madame n'a jamais ])ardonné aux t^ens qu'elle n'aime pas... ou qu'elle n'aime plus. Il n'y a qu'elle pour ces noirceurs délicieuses qui rappelLMit les roueries de la régence : c'est un genre ijui n'était plus de notre sircle et (\uc vous nous avez rendu.

SOPHIE

Vous voulez me lâcher.

BOnoLPIlE.

\'jôm auriez bien tort... C'est If moyen de se distinguer et d'avoir une physionomie dans le monde. Il y a tant de gens (|ui n'en ont i)as! (a Adiiiie.) N'esl-il pas vrai, ilocteur?

DIX ANS DE LA VI K D U N E FEMMK ISo

ACHILLE

Oui, monsieur, (a pnrt.) Eli bien ! par exemple.,, pourquoi me clemande-t-il cela à moi ?

ADÈLE

Silence, voici ma scour.

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