SCÈNE XII
ADÈLE, DARCEV.
Je croyais que nous ne dînerions qu'en famille ; mais je vois que de ton côté tu m'as aussi ménagé une surprise... sans doute quelques amis communs que tu as invités pour le jour de ta fête?
ADÈLE, avec émotion.
Oui, monsieur, des amies.
DARCEV.
Et lesquelles? à moins que ce ne soit un secret, et alors je n'insiste plus, je ferai même l'étonné, si tu le désires.
ADELE, avec crainte.
Peut-être le serez-vous en effet ?
DARCEV.
Et pourquoi donc, ma chère amie?
ADÈLE
Pourquoi?... (a part.) Allons, et comme Amélie me l'a conseillé, tâchons de vaincre cette sotte timidité.
DARCEY
Achève !
ADELE, avec embarras.
C'est que... je ne sais comment vous l'avouer; mais franchement je n'ai pu m'en défendre : elles sont venues me demander à dîner.
DARCEV.
Et qui donc ?
Madame de Laferrier et madame 3Iarini.
DARCEY
Tu ne parles pas sérieusement?
ADÈLE, avec vivacité.
Si, monsieur ; je les ai invitées, et maintenant il n'y a plus à s'en dédire, (a pan.) Grâce au ciel ! j'ai tout dit, m'en voilà quitte.
DAKCKV, avec une colère concentrée.
Adèle !... Adèle ! ton intention n'a pas été de me braver? Tu avais oublié ma défense, dis-le-moi.
ADÈLE
Non, monsieur ; mais cette défense était injuste et injurieuse pour moi, et ce serait m'humilier à mes propres yeux et aux vôtres que de renvoyer mes meilleures amies.
DARCEY, avec chaleur.
Vos meilleures amies ? Rien au monde ne m'est plus pénible (pie de vous entendre les appeler ainsi : mais j'espère (pie bientôt vous connaitro?. ceux qui vous aimiMit v(''rilalili-mcnt.