DIX ANS I)K LA VI K 0 ' U N E KKMME
ADKI.i:.
Ce sont ceux qui me plaignent, ceux qui cherchent à calmer mes souffrances; à mon tour, je dois les défendre quand on les calomnie, et les préférer à ceux qui ne veulent que m'affligcr et me tyranniser.... Le trouvez-vous surprenant ?
DARClîV, avec douleur.
Surprenant! non, Adèle; depuis longtemps il n'y a plus rien qui me surprenne, et l'ingratitude d'une femme ne saurait faire exception....
ADELE, avpc fierté.
Monsieur !
DARCEY
Pardon... j'ai tort de vous laisser voir ce que je souffre.
ADÈLE
Des reproches! Ai -je trahi mes devoirs?
DARCEV, avec douleur.
Je lui parle de tendresse, elle me parle de devoirs.
.\DÈLE, froidement.
Et que voulez-vous de plus? Le reste dépend-il de ma volonté ?
DARCEV, s'éloignant d'elle.
Ail !... qu'il n'en soit plus question! cette épreuve est la dernière. Désormais je ne vous demanderai plus que des devoirs, madame; nous verrons comment vous saurez les remplir. Le premier de tous était la soumission à mes volontés ; et si vous avez pense que, dans un jour comme celui-ci, j'oublierais devons le rappeler, vous avez eu tort... Un jour, une heure de faiblesse compromettrait toutes les heures de ma vie, et je ne transige jamais avec ce que je crois raisonnable et nécessaire ; je vais vous le prouver.
ADÈLE
Dieu ! ce sont mes amies !