ÉCOLE ROYALE DE CAVALERIE
Opinion du maréchal de camp commandant l'école royale de cavalerie, sur le dressage des jeunes chevaux, d'après le système de M. Boucher.
■ J'ai suivi et pratiqué, avec autant d'exactitude que d'intérêt, le système de M. Iiauchcr, depuis un mois qu'il a commencé h donner ses leçons à l'école royale de cavalerie. Cette méthode rend le dressage du cheval facile, prompt et certain ; elle donne au cavalier l’intelligence de l'action équestre, lui fait acquérir du tact et de la puissance, lui fait aimer l’équitation, parce qu'on exécute avec goût ce qu'on fait avec intelligence et facilité.
» M. Baucher développe son système avec talent et enseigne ses principes avec lucidité ; la progression qu'il suit est admirable et ne peut manquer d’amener 1 des résultats satisfaisants et h des succès avantageux pour la cavalerie. Depuis qu’il est à Saumur, M. Baucher s’est entièrement dévoué 4 la tâche qu’il a entreprise ; il est impossible d’y mettre plus de soin ; il travaille au moins huit heures par jour au manège avec son fds, jeune écuyer très-distingué; aussi méritent-ils, l’un et l’autre, la bienveillance de M. le Maréchal ministre de le guerre, si juste appréciateur de la capacité et du talent.
» Quand j’en aurai appris davantage, je pourrai m’étendre pins au long sur ce sujet ; mais, dès à présent, je demeure convaincu que le système de dressage des jeunes chevaux par la méthode de >1. Baucher est un grand progrès pour la cavalerie, et qu’il sera très-avantageux de l'appliquer dans les corps.
a Siumur, le 17 mari 1843.
> Signé le général PnEvost. •
Rapport sur les nouveaux tarais de la méthode Baucher, transmis par M. le
maréchal de camp commandant l'école de cavalerie, à S. Exc. le Maréchal
ministre de la guerre.
e Les travaux ont commencé le 16 lévrier et ont continué, sans interruption, jusqu’à ce jour.
* Les officiers de l'état-major de l’école, y compris le maréchal de camp, un lieutenant de chasseurs norwégiens, quarante-quatre capitaines instructeurs des divers corps de troupes à cheval et deux lieutenants, ont suivi exactement ces travaux.
« Les officiers ont été divisés en quatre reprises ou séries. Chacune, jusqu'à présent, a travaillé, tous les jours, pendant une heure et demie. L'ne reprise supplémentaire a été formée des maîtres et sous-maitres de manège, auxquels SI. Baucher a consacré, par obligeance, une heure par jour, en dehors des autres reprises.
» Chaque cavalier a reçu l’état destiné à inscrire et à constater les progrès journaliers de sou cheval, jusqu’à la fin des opérations. Ces états seront joints au dernier rapport.
> A l'exception de trois, tous les chevaux des instructeurs des régiments avaient été montés, et ils n'ont pas offert, pour cela, plus de difficultés, quant à l’application du système ; ils demandent seulement plus de soin pour combattre les vieilles habitudes et les mauvaises impressions. Le jeune cheval est préférable; il n’a rien à oublier, il n’a qu’à apprendre. Bien commencé, bien dirigé, il accomplit rapidement son instruction avec la nouvelle méthode. Chez le sujet médiocre surtout, cette méthode opère une véritable métamorphose.
Les officiers de l'école ont eu en partage des chevaux d’arme neufs, mais en partie médiocres. V s avantages du nouveau système d'équitation ressortent principalement sur ces chevaux, qui ont déjà acquis beaucoup de légèreté, d’ensemble, et pourraient, au besoin, entrer dans le rang.
» Ne pouvant donner ici tous les détails des travaux, je me bornerai à dire, d'abord, que la leçon a été donnée constamment par M. Baucher, aidé de son fils, pour les démonstrations. Chaque cavalier, indépendamment des notions générales, reçoit des développements particuliers sur chaque action ou mouvement, sur chaque combinaison d’aides. Ces définitions, données avec une persévérance et une clarté remarquables, ne peuvent laisser aucun doute sur l’application dont la facilité tient subséquemment aux dispositions des cavaliers. Ces dispositions , quelque minimes qu’elles soient, exactes et sagement combinées, doivent néanmoins assurer un résultat avec la progression rationnelle que suit M. Baucher. Cette admirable progression ferait toute la force, toute l'efficacité du système, en serait la plus ferme base, s'il ne s'appuyait déjh sur des principes vrais, positifs et tout h lait mathématiques.
» Dans tout ce qui s'est fait depuis le premier jour, je n’ai à citer que des progrès. Tous les chevaux indistinctement ont gagné; après vingt-trois leçons (je parle surtout des chevaux neuf»), ils sont dociles, soumis, supportent les attaques, vont régulièrement aux trois allures ordinaires et allongées, exécutent des pas de côté avec aisance, enfin accomplissent tous les mouvements avec souplesse et légèreté, une fois que l’accord des aides existe et que la position est bien donnée. Quelques-uns, sans doute, sont en arrière des autres ; mais les progrès du cheval tiennent aux dispositions du cavalier. Le nombre, dans chaque reprise, doit être pris en considération.
» On pourrait s’étonner que, sur la totalité, il u'v ait pas eu quelques chevaux rebelles, difficiles dans toute lVccption du mot. Je répondrai qu’il y a une seule exception notable, c’est le cheval de SI. H nnet, lieutenant au 2’ région ni d’artillerie. Il a été commencé avec les autres, mais comme il présentait trop de difficulté au milieu d’une reprise nombreuse, et que M. Baucher ne pouvait s’occuper exclusivement de lui, il l'a pris à part et le fait exercer, chaque matin, par M. Menuet. Ce cheval, fort, vigoureux, résistait depuis an moins deux ans et à tel point que son cavalier ne pouvait, pour ainsi dire, en tiier aucun parti. Les défenses morales étaient venues compliquer la difficulté; sous la main habile de M. Baucher elles ont déjà disparu en grande pat tic, et bientôt, sans doute, on pourra offrir ce cheval comme résultat, comme preuve frappante de l'efficacité du système.
• Si quelques chevaux sont stationnaires dans leurs progrès, cela tient encore, il faut le dire, à l’accélération que M. Bauchcr est obligé de mettre dans la gradation du travail. Des intérêts majeurs l'appellent à Paris pour le 1" avril ; or, comme il sent la nécessite d’inilier lui-même les instructeurs à toute sa méthode , de leur en inculquer toutes les nuances, afin qu’ils puissent en déduire plus tard, avec facilité, tout ce qui sera applicable à l’équitation militaire, il est nécessairement obligé de hâter son enseignement. Celte hâte ne peut avoir de fâcheuse influence sur les résultats, attendu que si l'éducation des chevaux est un peu moins complète, celle des cavaliers ne devra rien laisser h désirer.
» On s'est déjà récrié sur les changements que l'introduction de la méthode apporterait à l'ordonnance en modifiant ses principes consacrés depuis longtemps. J’avoue franchement que je ne puis concevoir cette crainte, exprimée par ceux qui sont intéressés à la prospérité de la cavalerie. Pourquoi donc en effet ne pas changer un principe alors qu’il doit en résulter un bien ? Or, ce bien est incontestable aujourd’hui. Si nous n'allons pas au-devant du progrès, ne le refusons pas, du moins, quand il nous est offert; discutons, examinons, expérimentons par tous les moyens possibles; mais une fu s que les faits ont parlé, que les avantages sont reconnus, démontrés, n'hésitons pas ^adoptons avec empressement, en mettant de côté toute prévention ; ne nous laissons pas retenir par un faux amour-propre; ne voyons que l'intérêt de la cavalerie. La méthode Baucher est un germe qui doit y fructifier. Le temps, qui sanctionne tout, lèvera les doutes encore existants aujourd'hui, et amènera une profonde conviction chez les hommes les plus opposés à une innovation dont l’immense utilité ne saurait être raisonnablement contestée. Adversaire des plus prononcés de l’oeuvre nouvelle, il n’y a pas encore un an, j’ai bientôt reconnu mon erreur. L'élude, le raisonnement, la pratique, sont venus me convaincre et ont fait de moi un partisan ardent, bien que sans fanatisme, ne voyant que le vrai, ne voulant que le bien et le progrès.
» Bon nombre d'officiers, prévenus comme je lctais, changent déjà de langage à mesure qu'ils pénètrent plus avant djns ce qui n’était pour eux que mystère; sans aucun doute, avant de quitter Saumur, ils rendront tous une éclatante justice au talent si digne de M. Baucher, et deviendront les plus fervents apôtres de son système. Malheureusement, il ne leur reste que peu de temps pour compléter leurs travaux. C’est fâcheux, sans doute, lorsqu'il y a tant de choses à faire, tant de difficultés à vaincre encore. Le zèle, l’activité, il faut l’espérer, suppléeront au temps. Tout annonce que je n’aurai à constater, dans mon dei nier rapport, que de nouveaux progrès et de nouveaux succès, et que je pourrai répéter, avec conviction et ccr-
titude, que, pour l'instruction et la durée des chevaux, pour la propagation de la science équestre , la cavalerie trouvera d’immenses avantages dans l'adoption de la nouvelle méthode.
» Saumur, le 16 mars 1843.
» Le chef d'escadrons, commandant le Manège royal de l'École de Cavalerie,
• de Novital. »
Rapport sur tes derniers essais de la Méthode Boucher, transmit par le maréchal de camp commandant l'Ecole de cavalerie, à S. Exc. M. le Maréchal ministre de la guerre.
« Les expériences qui viennent de finir ont duré treulc-six jours. C’est dans ce laps de temps, que M. Bauchcr a dû développer toute sa méthode et la transmettre à soixante-douze cavaliers de tout grade. Cette mission si difficile a été remplie avec un latent remarquable, un zèle infatigable, et surtout un grand tact Les résultats ont répondu à ce qu'on devait attendre. La preuve doit être consignée dans les rapports journaliers de tous les cavaliers. Ces rapports seront concluants, si chacun s’est rendu justice, et si , comme je n'en doute pas , il a jugé d'après l’évidence et avec impartialité. Faire la part du temps était la première ol ligation pour être juste, et personne n'v aura manqué. En consacrant cinq semaines à un travail qui demandait trois mois, on a dû évidemment tronquer la progression, et si, malgré cela, on a obtenu des résultats, ils doivent être considérés comme très-satisfaisants, quelque minimes qu'ils soient. Je crois avoir été bon observateur, n’ayant pas d'autre rôle à remplir, et j'ose avancer que chaque cheval a gagné, dans ce court espace de temps, en raison du talent et des dispositions de son cavalier.
» Il est fâcheux que, dans une question aussi grave et qui intéresse à un si haut degré l'avenir de la cavalerie, M. le Maréchal n'ait pu affranchir M. Bauchcr des engagements qui l’appelaient à Paris. Ces expériences, qui ont paru incomplètes à plusieurs, auraient été parfaitement
décisives , en y consacrant plus de temps. Un nouveau retard ne serait pas ainsi apporté à la propagation de la méthode, que tout homme de cheval, s’il n’est mû par la mauvaise foi, l'envie ou l’ignorance, doit reconnaître comme supérieure à tous les vieux systèmes. Les étrangers, plus avides que nous du progrès, s'empressent de la réclamer, et il est & craindre qu’ils n’obtiennent avant nous des succès dont nous devrions jouir les premiers.
» Tous les essais faits depuis un an, et les rapports qui ont unanimement fait ressortir les avantages de l’application de la méthode à la cavalerie, sont restés sans effet ; cependant, plusieurs hommes compétents les ont appuyés de leur haute opinion, et, malgré cela , nous paraissons être plus loin que jamais de la solution.
» Il est certain que pour apprécier tontes les choses nouvelles, 11 faut les étudier longtemps et les pratiquer avec persévérance. C’est ce que n’ont pas fait, je crois, beaucoup de détracteurs du nouveau système , ce qui ne les a pas empêchés de se prononcer ; ils ont ainsi contribué à faire retarder, malheureusement, l’introduction d'un progrès qui fructifierait déjà dans les corps, si tout le monde avait voulu s’éclairer.
» J’ai déjà dit que la nouvelle méthode serait consacrée par le temps et deviendrait une nécessité. Je le répète encore, en ajoutant qu'elle s’imposera d’elle-même. Ce sera la meilleure preuve de son efficacité.
» Un des points principaux de la controverse qui s’est établie sur le système et qui le tient en litige, a été et est encore la limite à donner à ce qui peut être appliqué dans les régiments, c’est-à-dire au dressage des jeunes chevaux , car c’est là que l’on paraît vouloir s’arrêter, par respect pour l’ordonnance considérée comme l’arche sainte.
» On voudrait une instruction séparée, spéciale pour les chevaux neufs ; c’est fort bien. Mais alors, pourra-t-on me dire ce qu'on entend par dressage? Les moyens employés pour instruire un cheval, pour le façonner, diffèrent-ils essentiellement de ceux dont on doit faire usage plus tard, pour le conduire, le déterminer, le dominer? Il y a, nous le savons, pour l'éducation du jeuuc cheval , des moyens progressifs qui peuvent constituer une première période ; mais, du reste , n’cst-ce pas toujours par les mêmes actions, variant d'intensité, si l'on veut, que l'on manie, que l'on équité le vieux comme le jeune cheval î N'y a-t-il pas une liaison intime entre les diverses phases de son emploi ? On n’apprend pas à un enfant le français ou l'anglais, pour lui parler, plus tard, grec ou allemand On ne dresse pas un cheval d'une manière , pour le conduire ensuite d'une autre ; et pourtant on veut faire une distinction entre le dressage et l'éguttatio «. Qu’est-ce dque que monter un cheval, dans quelque but que ce
soit , si ce n’cst faire de l'équitation ? A la promenade , en route, à la chasse, à la guerre, au manège, partout on fait de l’équitation. J'avoue, dans tna simplicité, que je ne puis comprendre une telle anomalie. Quand un cheval de troupe entre à l'escadron, il doit savoir tout ce qu'on lui demandera. Or, peut-il y avoir une différence entre le fond des principes pour l’éducation et ceux de la conduite dans- l’escadron ? Évidemment, non. Il doit y avoir, au contraire, une parfaite unité.
» Tout se tient, tout s’enchaîne dans la méthode de M. Baucher. Produire une lacune dans son admirable progression, c’est la détruire, c'est annuler le progrès, c'est perdre le fruit de son travail. Elle n'est pas sans difficultés, et pour arriver à bien , il faut du raisonnement, du soin, de la persévérance. Mais aussi, lorsque le cavalier, saisissant bien toutes les combinaisons, arrive au bout sans faillir, quels dédommagements ne trouve-t-il pas dans sou ouvrage ! quelles jouissances ne s’esl-il pas préparées pour l'avenir! quels avantages ne lui promet pas le cheval dans la main; c'est-à-dire léger, maniable, soumis à toutes ses volontés, qui lui sont communiquées par les plus légères actions , par la position préalable ! Ajoutons que, sous le point de vue économique, le nouveau système tend évidemment à assurer la conservation du cheval. En effet, comment ne se conserverait-il pas, étant parfaitement équilibré, libre dans tous scs mouvements, jouissant, au gré du cavalier, de toutes ses facultés locomotrices, ne se trouvant pas emprisonné dans les aides, ni constamment harcelé de l’éperon, comme ont voulu le faire croire certains détracteurs du système, qui ne se sont probablement pas donné la peine d’en essayer avant de se prononcer. Consciencieux et éclairés , ils eussent été convaincus.
» Si je soutiens qu’on ne peut établir de différence, quant aux principes, entre le dressage et l'équitation , je suis de l’avis qu’il faut fixer le cercle dans lequel on doit se renfermer pour le genre d'équitation on d’exercice qui convient à tel ou tel service. Ainsi, il ne faut vouloir, comme on le répète souvent, faire de la haute école dans le rang. Tout ce qui a trait à la régularité des manœuvres, à la force, à l'action de la cavalerie, doit Sire l’objet de tous les soins, la préoccupation constante de tout officier des troupes à cheval.. Mais est-ce une limite pour le progrès? est-ce une raison pour arrêter l’élan de l’équitation, pour empêcher le goût du chcval de se propager jusque dans les derniers rangs ? Non, sans doute, et il y a lieu d'être étonné qu 'aujourd'hui on ne comprenne pas mieux l’impulsion que peut donner l'adoption du nouveau système. Qui peut plus, peut moins, dit un vieil adage. Qu’on laisse donc leur libre essor aux cavaliers, qu’on leur donne tous les moyens de développer leurs facultés équestres,
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eu gli-sant davantage sur les minuties du métier, et chacun arrivera aux limites que la nature, aidée de la pratique, lui permet d’atteindre. Nous avons besoin, nous autres Français, d'être un peu plus cavalier»; la méthode de M. Bauchcr nous en offre le moyen. Mais il ne faut pas vouloir la scinder pour arriver à ce résultat, il ne faut pas déranger l'enchaînement de ses principes , qui , en élabli-sant l’hoiizontalité des forces, donnent incontestablement à cette équitation, d'une application générale, la supériorité sur toute autre. En effet, quoi de plus rationnel cl de plus simple que de placer une machine dans une position d'équilibre qui lui permet de fonctionner librement avec la seule force nécessaire à l’impulsion? C’est à ce point que l'on arrive avec le nouveau système. Contrairement à tous les anciens errements, il donne la possibilité d'agir directement sur l’arrière- m tin, de la maîtriser, au moyen des attaques. Jusqu'à présent, toute l’équitation, pour la majeure partie des cavaliers, était dans la main; celle-ci était chargée, pour ainsi dire, de résoudre toutes les questions, de vaincre toutes les difficultés ; les jambes n'étaient qu'un accessoire. Dès lors, que de mouvements irréguliers brusques et forcés, par la lutte qui s'établissait entre la main du cavalier, la tension de l’encolure, l’action constante des jarrets! Les rôles sont changés. Aujourd'hui, au moyen des jambes, l'arrière-main est toute au cavalier: si elles sont insuffisantes, l'éperon est là pour ramener les jarrets, annuler leur détente, avec la même facilité, la même promptitude, que la main place la tête. Les jambes et l’éperon sont aux jarreis ce que la main est à la bouche. Ces deux moyens, parfaitement coordonnés, concentrent les forces, fixent l'équilibre, la position, assurent enfin au cavalier sa puissance dominatrice; alors il obtient graduellement, avec un fil, ou, si l'on veut, avec le poids des rênes et une simple pression de jambes, ce qui avait exigé, d'abord, une force égale à cent livres. Qu’on vienne, après cela, prôner les précédents systèmes d’équitation et les comparer au nouveau ! Ne pas lui donner la priorité sous tous les points de vue , c’est nier la lumière.
» Je ne saurais terminer ce rapport sans exprimer le désir de voir introduire, à l'école de cavalerie, le nouveau système dans toute son étendue. C’est un bienfait dont elle doit bientôt jouir ; c'est dans son sein que doivent fructifier toutes les bonnes doctrines, que l'équitation doit grandir. On ne lui refusera, je l’espcre, aucun élément de progrès. Forte des institutions, l’École a soutenu longtemps sa haute et juste renommée; elle a doté la cavalerie d'une instruction solide et profonde. Mais le temps a marché, et nous sommes restés stationnaires ; l'Évangile était là , il devait être respecté I En répétant longtemps la même chose, alors qu’on pourrait
faire mieux, on touche h la routine ; évitons ce fléau, et ue manquons pas de nous rajeunir, puisque l’occasion se présente. La méthode Baucher doit être pour l’École une fontaine de Jrmrenee, où les vieilles traditions viendront se régénérer. Qu’on nous permette donc de reculer, aussi loin que possible, les limites de l'équitation ; qu’on laisse tout son essor au progrès, et l’École ne mentira pas ï sa réputation ; elle ne descendra pas du rang qu'elle occupe ; elle conservera sa priorité (tour tout ce qui est du ressort de la science équestre.
« Saumur, le 16 avril 1843.
» Le chef d’escadrons commandant le manège de l’école de cavalerie,
• De Novital. •