A MONSIEUR LE LIEUTENANT-GÉNÉRAL MARQUIS OUDINOT
Général,
j’ai conscience que vingt ans d'études laborieuses m'ont mis à même de (aire faire a l'équitation des progrès importants. L’espoir d’être un jour utile à mon pays , en perfectionnant dans l’armée l’instruction des hommes et des chevaux , s'offrait à moi comme le stimulant le plus puissant qui pût encourager mes efforts.
Le premier, entre tous les officiers généraux, vous avez bien voulu vous occuper sérieusement de ma méthode. M. le Maréchal Ministre de la guerre, en vous chargeant d'en vérifier l’efficacité, ne pouvait choisir un juge plus compétent , et j’ai le droit d’être fier de l'approbation que vous m’avez accordée. Mais je sais, en outre, que vous employez votre puissante influence pour faire adopter dans l’armée une innovation que vous croyez utile. Vous suppléez ainsi à ce qui me manque à moi-même pour rehausser le mérite de mes travaux. Croyez, Généra), à ma vive reconnaissance, et veuillez en accepter le témoignage dans la dédicace de ce livre. Je vous l’adresse, afin que si l'armée tire un jour quelque profit des principes développes dans le présent ouvrage, elle sache bien que c’est en partie à votre intervention éclairée qu’elle aura été redevable de leur application dans scs rangs.
Agréez, Général, l’assurance de ma haute considération.
Rafcrér.
Février 1843.
3 u JHrmc.
GïSÉHaL,
Lorsqu’au moment de la première apparition de ma méthode, vous voulûtes bien m'autoriser à vous en offrir la dédicace, je compris qu’à la responsabilité de ma tâche venait s’ajouter l’obligation de me rendre digne d’un si haut patronage. La protection dont vous m’avez honoré et le suffrage d'une notabilité équestre aussi généralement reconnue, ont aplani des obstacles que seul je n’aurais pu surmonter.
Grâce à votre appui, il m’a été permis d’atteindre le but principal de mon ambition, l’application de mes principes à la cavalerie française.
Une année s'est à peine écoulée, et déjà tous les officiers instructeurs de corps de troupes à cheval sont initiés à la nouvelle méthode ; leurs rapports à M. le Maréchal Ministre de la guerre attestent qu’ils la considèrent comme un progrès important.
Les épreuves sérieuses qui ont eu lieu dans l’armée ont obtenu un plein succès; et si l’innovation à laquelle j’ai voué le travail de toute ma vie a pu franchir l’enceinte obscure d’un manège, c’est à vous principalement que j'en suis redevable.
MM. les Généraux Gusler et Carrelet ont droit également à ma gratitude : presidents des commissions instituées à Lunéville et à Paris , ils se sont livrés à l’examen des nouveaux principes avec un zèle et une impartialité qui ont été très-profitables aux intérêts de l’art.
Apres avoir conquis le suffrage des juges éclairés et compétents, ma méthode Iriomphera-t-ellc complètement des entraves que la routine et l’envie lui opposent avec une incessante ardeur? C’est là une question de temps, mais j’ai foi dans l’avenir.
Quoi qu’il arrive, d'ailleurs, je conserverai toujours un sentiment de profonde reconnaissance pour les encouragements et les témoignages de sympathie que j’ai reçus de l'armée.
Agréez, je vous prie, arec cette assurance, Général, l’expressiou de ma liante et respectueuse considération.
Janvier 1844.
Bxcche*.
L’introduction suivante contient les noms des chevaux que j’ai montés au Cirque des Champs-Elysées; la postérité doit savoir aussi par qui ce bel établissement était dirigé : c’est M. Dejean qui en fut le fondateur et le propriétaire ; c’est à lui que Paris est redevable du plus beau cirque qui existe peut-être dans le monde entier. Des rapports intimes de quinze années m’ont fait apprécier M. Dejean comme il le mérite, et je crois n’être que juste en disant que la franchise, l'urbanité et la loyauté qui le caractérisent le placent au premier rang. Le gouvernement, en reconnaissance de son courage et de son esprit d’ordre, lui a décerné, à la satisfaction de tous ceux qui le connaissent, d’abord la croix de chevalier, puis celle d’officier de la Légion d’honneur. M. Dejean n’est pas seulement un directeur intelligent, il est de plus le père de tous ses administrés, et je crois être leur organe en proclamant bien haut et pour longtemps, mon opinion personnelle que tous partagent.
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