‹ Œuvres complètes de F. BaucherChapitre 52 sur 183 · SOS · texte numérisé non relu

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renom aient inventé des mors auxquels ils attribuent des effets merveilleux?

R. Parce que, manquant do science personnelle, ils cherchent à remplacer leur insuffisance par l’emploi de moyens mécaniques.

D. Le cheval parfaitement dans la main peut-il se défendre ?

R. Non, car la juste répartition de poids que donne celte position produit une grande régularité dans les mouvements, et il faudrait intervertir cet ordre pour qu’il y eût acte de rébellion de la part du cheval.

D. Quelle est l'utilité du filet ?

R. Le filet sert à combattre les forces opposantes [latérales] de l’encolure, à faire précéder la tête dans tous les changements de direction quand le cheval n’est pas eqcore familiarisé avec les effets du mors ; il sert aussi à disposer l’encolure et la tête sur une ligne parfaitement droite.

D. Les jambes ou les poignets doivent-ils se prêter secours ou fonctionner séparément?

R. Il faut toujours que chacun de ces moyens d’aide ail l’autre pour auxiliaire.

D, Roit-on laisser le cheval longtemps aux mêmes allures pour développer ses moyens?

R. C’est inutile, puisque la régularité des mouvements résulte de la régularité des positions; le cheval qui fait cinquante temps de trot régulièrement est beaucoup plus avancé dans son éducation que s’il en faisait mille avec une position vicieuse. C’est donc à sa position qu’il faut s’attacher, c’est-à-dire à sa légèreté.

D. Dans quelles proportions doit-on user de la force du cheval?

D. Cela ne peut se définir, puisque ces forces varient en raison des sujets ; mais il faut en être avare et ne les dépenser qu'avec circonspection, surtout pendant Je cours

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de l’éducation; il faut pour ainsi dire leur créer un réservoir pour que le cheval ne les absorbe pas inutilement; c’est alors que le cavalier en fera un usage utile et d’une longue durée.

D. Quel bien résultera-t-il pour le cheval de ce judicieux emploi de ses forces?

R. Comme on ne se servira que de forces utiles pour tel ou tel mouvement, la fatigue ou l'épuisement ne seront plus que le résultat du trop long temps pendant lequel l’animal restera aux allures accélérées, et non l’effet d’une excessive contraction musculaire qui conserverait inutilement son intensité, même aux allures ientes.

D. Dans quel moment doit-on chercher à obtenir les premiers temps de reculer du cheval?

R. Après l’assouplissement de l’encolure des hanches, et après avoir obtenu une complète légèreté,

D. Pourquoi l’assouplissement des hanches doit-il précéder celui des reins (le reculer)?

R. Pour maintenir plus facilement le cheval sur une même ligne droite et rendre le flux et le reflux de poids plus facile.

D. Ces premiers mouvements rétrogrades du cheval doivent-ils se prolonger longtemps pendant les premières leçons?

R. Non; comme ils pont P°ur but que dannuler les forces instinctives du cheval, il faut attendre qu’il soit parfaitement dans la main pour obtenir une marche en arrière, un vrai reculer.

D. Qu’est-ce qui constitue le vrai reculer? Comment l’obtjent-on?

]R. Par une pression graduée des jambes qui ébranlera le cheval et lui fera quitter le sol, d'abord d une jambe de derrière, comme pour la marche en avant; alors la main se rapprochera du corps et forcera la jambe élevéç à se

porter en arrière. Lorsque l’on aura obtenu un premier temps de rec uler, la main se relâchera, afin de faire cesser la pression douloureuse du mors, et pour que le poids qui s'est porté en arrière, revenant en avant, facilite une nouvelle élévation des jambes de derrière, et permette un nouveau temps de reculer.

D. A quelle distance l’éperon doit-il être rapproché des flancs du cheval avant l'attaque?

R. La molette ne doit jamais être éloignée de plus de 4 à 5 centimètres des flancs du cheval.

1). Comment doivent se pratiquer les attaques?

P». Llles doivent arriver aux flancs du cheval par un mouvement égal à celui d’un coup de lancette, et s'en éloigner aussitôt.

D. Est-il des circonstances où l'attaque doive se pratiquer sans le secours de la main?

R. Jamais, puisqu’elle ne doit avoir d’autre but que de donner l’impulsion qui permet à la main de renfermer le cheval.

D . Sont-ce les attaques elles-mêmes qui châtient le cheval ?

R. Non ; le châtiment est dans la position renfermée que les attaques et la main font prendre au cheval. Comme celui-ci se trouve alors dans l'impossibilité de faire usage d'aucune de ses forces, le châtiment a toute son efficacité.

D. En quoi consiste la différence entre les attaques pratiquées d’après les anciens principes et celles que prescrit la nouvelle méthode?

R. Nos anciens (qu’il faut vénérer) pratiquaient l’éperonnade pour jeter le cheval en dehors de lui-même ; la nouvelle méthode en fait usage pour le renfermer, c’està-dire lui donner celle position première qui est la mère de toutes les autres.

D. Quelles sont les fonctions des jambes pendant les attaques?

R. Les jambes doivent rester adhérentes aux lianes du cheval, et ne partager en rien les mouvements des pieds.

D. Dans quel moment doit-on commencer les attaques?

R. Quand le cheval supportera paisiblement une forte pression des jambes sans sortir de la main.

D. Pourquoi un cheval, parfaitement dans la main, supportera-t-il l’éperon sans s’émouvoir et même sans mouvements brusques?

R. Parce que la main savante du cavalier, ayant prévenu tous les déplacements de la tête , ne laisse jamais échapper les forces au dehors ; elle les concentre en les fixant. La lutte égale des forces, ou , si l’on aime mieux, leur ensemble, explique suffisamment dans ce cas l’apparente froideur du cheval.

D. N’est-il pas à craindre que par suite de ces attaques le cheval ne devienne insensible aux jambes et ne perde toute l'activité qui lui convient pour les mouvements accélérés?

R. Quoique cette opinion soit celle de la presque totalité des gens qui parlent de la méthode sans la connaître, il n’en est rien. Puisque tous ces moyens servent seulement à maintenir le cheval dans le plus parfait équilibre, la promptitude des mouvements doit nécessairement eu être le résultat, et, par suite, le cheval sera dispose à répondre au contact progressif des jambes, quand la maiu ne s’y opposera pas.

D. Comment reconnaître qu'une attaque est régulière?

R. Lorsque, bien loin de faire sortir le cheval de la main, elle l’y fait rentrer.

D. Comment la main doit-elle se soutenir dans les moments de résistances du cheval?

R. La main doit s'arrêter, se fixer et ne se rapprocher du corps qu’aulant que les rênes n ’auraient pas trois quarts

de tension. Dans le cas rontraire , il faut attendre qüe le cheval se porte sur la main pour lui présenter cette barrière insurmontable.

D. Quel serait l'inconvénient d’augmenter les pressions du mors en rapprochant la main du corps pour ralentir le cheval dans ses allures en le mettant dans la main T

R. L’inconvénient serait d’agir généralement sur toutes les forces, et non de produire un effet partiel, de déplacer le poids au lieu d’annuler la force d’impulsion. Il ne faut pas vouloir renverser ce qu’on ne peut arrêter.

D. Dans quels cas doit-on se servir du caveçon, et quel est son but d’utilité ?

R. On doit s’en servir dans le cas où la mauvaise construction du cheval le porterait à se défendre, bien qu’il ne lui soit demandé que des mouvements simples. Il est également utile d’employer le caveçon avec les chevaux rétifs, attendu que son but est d’agir Sür le moral, pendant qué le cavalier agit sur le physique.

D. Comment doit-on se servir du caveçon ?

R. Dans le principe, on doit tenir la longe dü caveçon à .’l.’l ou 40 centimètres de la tête du cheval, tendue et Soutenue par un poignet énergique. Il faudra saisir toits les àpropos pour diminuer ou augmenter l’appui du caveçon sur le nez du cheval, afin de s’eü servir comme d’un moyen d'aide. Tous les actes de méchanceté qui le portent à mal faire seront réprimés par de petites saccades qui lie doivent avoir lieu que dans le moment même de la défense. Dès que les mouvements du cavalier commenceront à être appréciés par le cheval, le caveçon devra être sans effet ; au bout de quelques jours l’animal n’aura plus besoin que du mors auquel il répondra, dans ce cas, sans hésitation.

D. Dans quel cas le cavalier est-il moins intelligent que son cheval ?

R. Quand ce dernier l’assujétit à ses caprices et lui fait faire sa volonté.

D. Les défenses du cheval sont-elles physiques ou morales ?

R. Les défenses sont d'abord physiques, elles deviennent morales par la suite; le cavalier doit donc se rendre compte des causes qui les font naître, et chercher, par un travail préparatoire, à rétablir le juste équilibre qu’une mauvaise nature aurait refusé.

D. Le cheval bien équilibré naturellement peut-il se défendre?

R. Il serait aussi difficile à un sujet réunissant tout ce qui constitue le bon cheval, de se livrer à ces mouvements désordonnés, qu'il est impossible à celui qui n’a pas reçu de semblables dons de la nature, d’avoir des mouvements réguliers, si l'art bien entendu ne lui a prêté son secours.

D. Qu’entendez-vous par rassembler ?

11. Le rapprochement des jambes de derrière du centre, avec une exacte mise en main.

D. Peut-on bien rassembler le cheval qui ne se renfermerait pas sur les attaques?

R. C’est de la plus grande impossibilité; les jambes seraient insuffisantes pour contre-balancer les eifets de la main.

D. A quel moment doit-on commencer à rassembler le cheval ?

U. Quand le ramener est au grand complet.

D. A quoi sert le rassembler ?

R. A obtenir sans difficulté tout ce qu’il y a de compliqué en équitation.

D. En quoi consiste le piaffer ?

R. Dans la pose gracieuse du corps et la cadence harmonisée des extrémités.

D. Existe-t-il plusieurs genres de piaffer?

R. Deux; le lent et le précipité.

D. De ces deux, quel est le préférable ?

R. Le piaffer lent, puisque c’est seulement lorsqu'on l'obtient que l’équilibre est dans toute sa perfection.

D. Doit-on faire piaffer le cheval qui ne supporterait pas le rassembler ?

R. Non, car ce serait un enjambement sur la gradation logique qui seule donne des résultats certains. Aussi, le cheval qui n’a pas été conduit parcelle filière de principes n’exécute qu’avec peine et sans grâce ce qu'il devrait accomplir avec enjouement et majesté.

D. Tous les cavaliers sont-ils appelés à vaincre toutes les difficultés et à saisir tous les effets de tact ?

II. Comme les résultats en équitation ont pour point de départ l’intelligence, tout est subordonné à cette disposition innée ; mais tous les cavaliers seront aptes à dresser leurs chevaux, s'ils renferment l'éducation du cheval dans les mesures de leurs propres moyens.

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