PAR MAXIME UA1SXEX
Cet ouvrage n'était pas destiné à la publicité : sa composition fut un délassement qui reposait la pensée studieuse de son auteur des fatigues d'un travail pénible et journalier. Curieux d'être initiés à toutes les idées du maître, ses élèves ont compté sur son amitié pour les connaître; le cercle des lecteurs s’est étendu peu à peu, et cet enfant des loisirs de Buucher est presque entré dans le monde sans que le père s’en aperçût. Quand on l’a pressé de le publier, le refus n’était plus possible; c’était d’ailleurs prévenir les mauvaises traductions.
Le titre de ce livre est modeste, et cache une pensée profonde sous une enveloppe spirituelle et originale. Sans les notes explicatives qui l'accompagnent et le complètent, beaucoup le liraient sans trop le comprendre et souriraient de bonne foi en présence de la prétendue bizarrerie de sa conception. Pour nous, quelle que soit la for-
mule qu’adopte le talent pour se révéler et se produire, qu’importe? Au fond, la question est-elle neuve? l’œuvre a-t-elle de l’avenir? voilà tout!
Cet ouvrage n’est certainement pas le dernier mot d’un génie spécial et fortement constitué, nous l’espérons. Sorti depuis longtemps du sentier pratiqué, cet homme a creusé seul sa route, et s’inquiète faiblement des formes usitées. On pourra dire : Est-ce un livre d’équitation seulement? l’auteur a-t-il un double but? Nous n’hésiterons pas à répondre : Il n'a jamais eu la prétention d’être moraliste, et nous penchons à croire , sans être sûr d’entrer dans l’intimité de sa pensée, que l’aphorisme philosophique qui déguise le principe équestre sans l’empêcher d’être visible, et force l’intelligence à en chercher le sens spécial, a pour but de le graver plus profondément dans la mémoire.
Ce livre sera peut-être faiblement apprécié par le plus grand nombre; car, pour en comprendre toute la portée, il faudrait s’initier d’abord au talent pratique de son auteur. Peu de cavaliers savent encore que Baucher a tracé une voie toute nouvelle, sans maître, sans antécédents, et qu’il faut le reconnaître, aujourd’hui, comme le chef d’une école qui doit effacer toutes les autres. Quel immense travail, quelle persévérance, pour trouver, sans guide, une route inconnue dans ce terrain si longuement exploré, si savamment battu ! C’est peut-être un bonheur pour Baucher de n'avoir pas eu de maître ; car, avec son organisation privilégiée, obtenant très-vite les résultats de ses devanciers, satisfait d’une supériorité facilement acquise, il n'aurait sans doute pas cherché hors d’un talent transmis les moyens d’arriver à une sphère plus élevée. Mais il était seul, et, après avoir conquis une pratique douteuse et difficile dans les théories obscures de nos anciens maîtres, peu satisfait du résultat de ses recherches, comme il l’a dit lui-même, son organisation sagace et logique l’a forcé
de conclure qu’il y avait quelque chose en dehors du monde connu. Il s’est dit : Dresser un cheval, c’est être maître de toutes ses forces, et avoir triomphé précédemment des différentes résistances qu’il oppose. Ce priucipe le conduisait tout naturellement à cette question savante : Comment l’animal résiste-t-il à l’effet de nos forces? Le jour où il a trouvé l’énigme en disant : Le cheval résiste par l’encolure, sa route était tracée; hérissée de tâtonnements, de dégoûts, il est vrai, mais éclairée par une vérité profonde qui devaitseule ment pâlir encore devant les difücultésde la pratique . Et, d'abord, quel travail pour la traduire en résultats ! que d'essais meurtriers, infructueux ! quel emploi malheureuxde tous les instruments inventés par la routine ! quel dédale dans cette variété trompeuse d'embouchures qu’il aloules essayéeset toutes ahondonnées ! quelle distance du point de départ, quand on le voit aujourd'hui dresser tous les chevaux avec un simple filet, et qu’on sait qu’il a dû lutter longtemps, et sans succès, avec des mors d’une puissance effrayante ! Reprenons à sa naissance, pour mieux la faire comprendre, la route qu’il a si savamment parcourue.
Le cheval résiste, s’est-il dit, par l’emploi d’une force qui amène la position avec laquelle il opère ce mouvement de résistance. Le mouvement est donc soumis à la position, et celle-ci à la force, sans laquelle ces deux effets ne peuvent se produire. C’est donc à s'emparer des forces du cheval que doivent tendre les efforts du cavalier. Dès qu'il en sera le maître, il exercera un empire absolu sur la masse, car il fera naître et dirigera les mouvements. Ce principe reconnu , il fallait l’appliquer. C'est en observant dans sa pratique la même gradation qu’il avait suivie dans sa théorie, que Baucher est parvenu â donner â tous ses chevaux un centre de gravité convenable à l’emploi des forces dont il a besoin ; et, comme les chevaux ont tous des constructions différentes qui donnent aux forces
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dos directions variées, c’est en combattant, c’est en interceptant toutes ces forces qu’il en a changé la disposition, et facilité à la masse un nouveau mode de translation. Donnant au centre de gravité une position telle que le poids du corps soit également réparti sur les quatre extrémités, Baucher obtient un équilibre parfait qui permet à ses chevaux d'exécuter rapidement et sans efforts toute espèce de mouvement. Le mérite de la méthode dont nous parlons, c’est d’obtenir ce résultat, non-seulement sur des animaux bien conformés, mais sur les constructions les plus vicieuses ; et son auteur est fermement convaincu que jamais ses devanciers ne l’avaient obtenu. Selon lui, avec les anciennes méthodes on pouvait bien dresser les chevaux qui réunissent toutes les conditions propres à toute espèce d’éducation ; mais elles ne pouvaient vaincre les difficultés que présentent les conformations défectueuses. Ainsi, pour revenir à notre premier point de départ, le travail de Baucher consistait donc à s’emparer des forces du cheval; et, connue il avait découvert que toutes les résistances, quelle qu’en soit l’origine, sc manifestent d’abord par une contraction de l’encolure, il commença par assouplir cette partie importante. Maître de ses mouvements et de ceux de la tête, il lui restait à profiter de leur assouplissement pour dominer toutes les autres parties du corps, et rendre ainsi les allures faciles et régulières. Mais le cheval dressé n’est pas seulement celui qui marche, trotte et galope à volonté; c’est encore, et surtout, celui sur lequel on opère les flux et reflux de poids avec une grande facilité : dès lors, à la justesse et à la régularité des allures se joignent la cadence et l’élévation, et l’on peut, enfin, aborder les hautes difficultés de l’art, sans compromettre jamais ni l’équilibre, ni la constitution de l’animal. Pour obtenir facilement cette translation de poids du devant sur le derrière et d’arrière en avant, il fallait un tra-
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vail spécial : Baucher l'a trouvé dans le reculer. Ses chevaux reculent avec une facilité étonnante; car ce n'est pas seulement 'dans le but rétréci d’obtenir un mouvement d'une utilité très-bornée qu'il insiste snr ce travail et qu’il y revient continuellement, mais c'est pour être entièrement maître de l’équilibre de la masse, obtenir la plus grande souplesse possible dans les reins et dans les hanches, et conséquemment dans les flux et reflux de poids d’avant en arrière et d’arrière en avant.
On comprend qu’il a dû, seulement alors, se trouver en face de cette vérité profonde, que l’on aperçoit en germe dans un seul théoricien : Il n’y a point de bouches dures, sourdes ou égarées; il n’y a qu’une difficulté plus ou moins grande d’équilibre, puisque, cette diflicullé vaincue, la bouche devient belle, l’appui léger et sûr.
D’après cet exposé, on voit que les moyens de Baucher tendent continuellement à détruire les résistances de l’animal; aussi se sert- il beaucoup, comme aides, des attaques, qu'il gradue à l'infini. Cet emploi rappelle le pincer délicat de l’éperon, dont parle M. do la Guérinière; mais il en obtient des conséquences plus complètes. Non-seulement ses attaques donnent l’impulsion, mais elles ramènent l’équilibre; car chez le cheval qui répond préalablement aux oppositions de la main, il intercepte, au profit de l’élévation, le surcroît d'action donnée par l’attaque. Il est vraiment curieux de voir les chevaux dressés par Baucher s’asseoir sur l'attaque vigoureuse des éperons, pour peu qu’elle soit accompagnée de la plus légère oppositiou de la main. Selon lui, seulement alors on f>eut dire que l'animal est dressé ; en effet, maître entièrement de son équilibre, le cavalier peut disposer de toutes ses forces, ou les paralyser à volonté.
11 ne faudrait pas conclure, d'après quelques aperçus épars à droite et à gauche, que la méthode dont nous nous
occupons n’est pas entièrement neuve ; en voici une preuve fondamentale : dans son travail d'oppositions, Baucher résiste toujours quand il y a résistance, et ne rend que lorsque le cheval cède. 11 résiste par un mouvement spontané, vigoureux, lorsque la résistance se manifeste d’une manière vive et violente; avec lenteur et progression, si la force opposante se produit lentement et progressivement. Où trouver trace de ce grand principe ? L’ancienne équitation roule sur le contraire : c’était quelquefois le sentiment non-raisonné du cavalier qui rectifiait le vice de la théorie.
On serait tenté de conclure, à première vue, que cette lutte continuelle avec les forces résistantes du cheval doit prendre sur sa constitution ; une pratique raisonnée de la méthode nouvelle prouve évidemment le contraire. Nonseulement les sujets dressés par Baucher se conservent, mais l'équilibre parfait qu'il leur donne a toujours pour résultat de soulager, et par suite de consolider les parties faibles qui se trouvent surchargées d'un poids écrasant, conséquence d’un emploi de forces vicieux. Dans cette lutte d’oppositions, un des plus féconds principes de l’auteur, c'est de prendre seulement sur l’excédant des forces nécessaires au mouvement exigé.
Ainsi, pour que l'équilibre indispensable au travail se perde, il faut que l'impulsion augmente ou diminue : dans le premier cas, la main agit comme force résistante jusqu'à ce que l’animal cède ; dans l’autre, les jambes redonnent un excès d’impulsion dont la main paralyse une partie, pour rappeler l'équilibre.
Après avoir trouvé les différents moyens d'assouplir l’encolure, de faciliter les reflux de poids d’avant en arrière et réciproquement, la route était ouverte, mais il restait énormément à faire ; il fallait appliquer ces différents principes aux mille et une variétés de constructions
vicieuses qui compliquent les résistances. Une étude pratique immense, suivie avec persévérance sur une énorme quantité de sujets, lui a donné des résultats extraordinaires. En peu de jours les chevaux les plus difficultueux, les plus mal disposés sous tous les rapports, reculent avec une grande facilité, prennent aisément toutes les directions, et acquièrent une finesse, une sûreté d’équilibre étonnante ainsi que des allures parfaitement régulières.
Il faut dire maintenant que si les principes de Baucher suffisent à tout, s’ils peuvent se renfermer dans une vingtaine de lignes, leur application demande une exécution et un tact qui ne s'acquièrent qu’après un travail persévérant et méthodique. Voyez travailler Partisan, cette œuvre gracieuse de génie et de patience : ce cheval à l’encolure roide et tendue, se traînant sur les épaules, dont les allures et le caractère avaient été pervertis, est devenu le cheval d'Espagne le plus souple, le plus gracieux, le plus cadencé dans ses mouvements que l'on puisse voir. Ce serait un livre bien curieux et d’une grande utilité que l'histoire de son éducation. Espérons que Baucher nous la donnera. Il prouve avec Partisan, et d’une façon irrésistible, que l’équilibre fait les allures. II passe d’un piaffer précipité, près de terre, à une cadence lente, élevée, en changeant seulement la position de la tête et de l’encolure. Il s’arrête une jambe en l’air dans une marche de côté avec une précision et une facilité inconcevables; ses changements de pied en l’air se font avec autant d'aisance et de vitesse que si l’animal les produisait de lui-même. Au reste, tous ceux qui aiment et pratiquent les chevaux à Paris connaissent cette merveille de l'éducation.
Il ne sera peut-être pas sans intérêt, pour les cavaliers sérieux, de donner ici, en quelques lignes, les détails que nos questions empressées ont obtenus de Baucher, sur les dispositions premières de Partisan et les difficultés de son
éducation. D'après le maître, l'action de son cheval n'est grande, énergique, quaulant qu’il reste dans sa position naturelle; toutes ses allures sont alors près de terre, etses forces conséquemment difficiles à modérer. La disposition de sa croupe et de scs hanches donne une chasse qui , jointe à la forte tension de l’encolure, rend impuissants les mors les plus violents, les mains les mieux exercées. Le moral de l’animal est inquiet, et la surabondance d’énergie qu’il déploie quand il est maître de ses forces, double sa susceptibilité ; alors il cherche à s’éloigner des objets nouveaux pour lui d'aussi loin qu’il les aperçoit. La construction de Partisan est celle d'un cheval de course, et, à part les frayeurs qui devaient amener de fréquents têteà-queue, il est facile de comprendre que sa disposition naturelle n'était guère propre à en faire un cheval de promenade. Aussi, bien qu'on ne le recherchât nullement, et qu’on lui demandât simplement de marcher droit devant lui, souvent Partisan s’y refusait et manifestait ses défenses par des pointes et par des cahrades continuelles, ou bien il s'emportait malgré la résistance violente que lui opposaient ses cavaliers. Dès lors, le cheval à la généalogie distinguée, aux formes gracieuses, ne fut plus digne de l'attention des connaisseurs et, quoique vendu un prix énorme à son arrivée en France, il fut cédé à Baucher pour une somme on ne peut plus modique,
L'étonnement dut être grand dans le monde équestre, quand on vit cet animal, jadis indomptable, exécuter sous son nouveau maître les plus grandes difficultés de l'équitation; bien mieux, aujourd hui, ce beau cheval travaille au son de la musique, dont ses mouvements expriment, pour ainsi dire, la cadence et le sentiment.
L’assouplissement total de toutes les parties du corps, un rassemblé complet, forment la base de l’éducation de Partisan; la juste répartition des forces, leur réunion aisée
an centre de gravité, l’emploi facile des muscles nécessaires aux mouvements simples ou compliqués, l'ont conduit a exécuter sans confusion, non-seulement les plus grandes difficultés de l’art, mais des choses que l’on aurait crues presque impossibles avant lui. Partisan vient de prouver que l’on peut changer d’une manière complète les dispositions naturelles du cheval, que l'on peut donner au sujet que sa constitution relègue dans les allures près de terre, la cadence et l’élévation de l’animal le mieux constitué ; que non-seulement on peut agir de haut en bas et de bas en haut, de façon à faire primer les leviers supérieurs sur les inférieurs, et réciproquement en appliquant ces dénominations aux moteurs qui agissent le plus dans les différentes allures, mais encore que les extrémités antérieures, par exemple, peuvent avoir un mouvement uniforme et cadencé de droite à gauche et de gauche à droite, sans que ces différentes translations de poids dérangent f immobilité des jambes opposées. Baucher a prouvé en outre que les forces et les poids peuvent se répartir diagonalement à volonté, c’est-à-dire que l'on peut mobiliser indistinctement deux jambes, une antérieure et l’autre postérieure, en conservant l'immobilité des deux autres ; que les forces qui agissent ainsi isolément peuvent se réunir immédiatement au centre de gravité et produire une lutte égale, un ensemble parfait dans toutes les parties du corps. Il est facile de comprendre les hautes difficultés qui doivent surgir quand il faut amener un accord aussi juste dans toutes les forces ; ces difficultés vaincues viennent de saisir tous les yeux. Il faut ajouter que les amateurs les plus compétents sont encore loin d’apprécier le travail de Partisan. L’un prétend que la musique conduit le cheval, et que son maître n’emploie que sa mémoire ; l’autre, que la privation de sommeil, de nourriture, est la base de son éducation; celui-ci vous dira que des moyens purement
mécaniques, (les jambes attachées, par exemple, l’ont forcé de produire ces mouvements surprenants. Vingt jugements de cette force ont été portés sur le travail de Partisan; c'est une machine qui doit tout son prestige à la patience du maitre et aux attentions des palefreniers. Le bon sens de la masse, qui n’explique pas mais qui juge, a trouvé que Baucher fait faire à son cheval des choses délicieuses ; instinctivement, il en a conclu que c’est un grand écuyer. Le peuple a frappé juste, l'homme est jugé aujourd'hui. Comme tous les innovateurs, Baucher a ses détracteurs, nous avons été de ce nombre; ne comprenant pas, nous avons conclu à l'absurde. Nous disions : De quelle autorité M. Baucher vient-il, d’un trait de plume, biffer tout notre passé équestre? Tant d’hommes de talent, produits à tant d’époques différentes, auraient passé à côté de la vérité sans la voir! c’est impossible, le novateur a tort; et avec la meilleure foi du monde, cette conclusion paraissait rigoureuse, car nous ne comprenions pas. Baucher avait beau nous dire : Cependant elle tourne; il parlait à des gens qui ne voulaient pas entendre ; on pouvait tout au plus lui accorder de réver de bonne foi. Il ne faut cependant pas trop s’accuser. Ce qui prouve la valeur du talent de Baucher, c’est qu’il est presque impossible, même avec une certaine pratique, d’appliquer ses principes seul, d’après la théorie qui nous parait aujourd'hui si claire et si facile à comprendre. On devait donc commencer par douter. Cependant s'il est pardonnable, en lisant sou premier ouvrage, de nier son talent, cela n’est plus permis aujourd’hui, quand on le voit exécuter; il faudrait être de mauvaise foi, ou bien fanatique du passé. Quelle que soit la méthode qui conduit à une exécution aussi parfaite, il est impossible de lui refuser une grande valeur, de ne pas l’examiner avec soin; dans ce cas, vous ne doutez pas longtemps : Baucher vous fait toucher du doigt et résoudre
comme par enchantement toutes les difficultés de la science. Nous ne craignons pas d'avancer ici que tous ceux qui voudront se donner la peine d’assister à ses leçons deviendront bientôt ses élèves, ou au moins ses admirateurs. L’amour-propre mal compris se roidira vainement; cet homme est en pleine possession d’un avenir immense ; il est entré le premier dans une route vierge et féconde qu’il a déblayée jusqu’au bout ; la science équestre peut, entre ses mains, acquérir une valeur inconnue jusqu’à présent, et nous sommes convaincu qu’avant peu l’étranger nous enviera son beau talent. Nous le répétons en finissant. Baucher n’est pas encore compris ; il a le malheur d'être trop avancé, mais le triomphe 9c sa méthode n’est pas douteux. Ses découvertes doivent amener de grands résultats, car il ne faut pas oublier que la moitié des chevaux, en France, rendent de mauvais services et sont rebutés, faute de savoir en tirer parti. Malheureusement, aujourd’hui, le mauvais exemple part d’en haut; notre jeunesse fortunée préfère les sauts de barrière et les courses de vitesse aux jouissances si fructueuses de la science bien appliquée. Il faut l’avouer, avant Baucher, l’équitation n’était pas assez positive : il fallait déjà du talent pour comprendre et appliquer avec quelque fruit ; avec lui, le plus faible cavalier peut savoir en six leçons la valeur et la cause des difficultés qu’il rencontre ; quand elles sont légères, leur solution ne se fait guère attendre. Terminons en disant qu’un jour, qui ne peut être éloigné, l’homme d'un génie spécial et distingué preudra sa place ; nous nous glorifierons alors d’avoir été un des premiers à l’apprécier, à compter parmi ses disciples, tout en contribuant de nos faibles moyens à faire comprendre sou beau talent.