‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 2)Chapitre 3 sur 42 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

ont bien le droit aussi de se compter pour quelque chose , le droit de ne pas trouver bon que l'on fasse d'eux un peuple de serfs , des espèces d'ilotes ou de parias. On s'est trop habitué à ne voir en eux qu'une masse inerte, née pour subir le joug qu'on voudra lui imposer. Le repos de l'avenir exige qu'on se détrompe à cet égard. Que le libéralisme s'en souvienne.

Nous demandons la liberté de conscience , la liberté de la presse, la liberté de l'éducation : et c'est là ce que demandent comme nous les catholiques belges , opprimés par un gouvernement persécuteur. Ils ont senti que , menacés d'une église nationale , ils ne pouvoient éviter le schisme qu'en opposant à l'odieuse et lâche tyrannie du pouvoir les droits imprescriptibles des nations chrétiennes , et en les défendant avec cette énergie qui triomphe tôt ou tard , parce qu'à la longue il n'est point

X PREFACK,

de puissance qui prévale contre ce qui est juste et vrai. Il ne s'agit point ici de querelles politiques, de systèmes d'administration; il s'agit de ce qu'on ne peut sans crime ravir à nul homme quel qu'il soit, et il est temps enfin que les catholiques sachent si l'on entend les mettre hors de la loi commune , et les réduire à un esclavage tel qu'il n'en exista jamais d'égal dans le monde. Que l'on s'explique là-dessus, car alors la question changeroit. Jusque-là il est permis de discuter toutes celles qui se lient à de si grands intérêts : il est permis de réclamer ce qu'on ne sauroit refuser à personne sans violer les principes mêmes sur lesquels repose l'État , et les garanties les plus solennelles.

Cet écrit étoit achevé , lorsque nous avons acquis la certitude que la lettre de Rome, dont le ministère a voulu se servir pour diviser répiscopat , loin de contenir aucune approba-

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