‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 3)Chapitre 10 sur 50 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

parjure en le supprimant. La proposition ne s'adressoit qu'au clergé , maître de renoncer à une indemnité devenue oppressive, maître aussi de la conserver; et loin que ses droits fussent compromis par cette discussion publique , elle étoit le plus sûr moyen de les affermir. Jamais le budget ecclésiastique n'a été mieux garanti contre les tentatives du gouvernement que depuis cette époque. Ni les journaux, ni les orateurs ministériels n'ont plus essayé de faire peur au clergé en lui parlant de supprimer son salaire ; et il règne en France une persuasion si intime que la cbute du budget ecclésiastique seroit la fin de la domination du pouvoir sur les choses spirituelles , que si le clergé venoit à le refuser en effet, le gouvernement essaieroit, par tous les moyens possibles, d'ébranler sa résolution, et cette position est aujourd'hui la plus forte barrière de l'Eglise contre les entreprises du pouvoir. Outre cet avantage immense et présent , acquis à la religion par la controverse sur le budget, il en est un autre qui regarde l'avenir. Tôt ou tard, l'état déplorable des finances en Europe, la complication toujours croissante des dépenses nécessaires pour maintenir l'ordre dans cette société si mal constituée , parce qu'elle n'est pas constituée chrétiennement, forceront les gouvernemens, et particulièrement le gouvernement français, de supprimer la partie du budget la moins nécessaire matériellement et la plus réprouvée de l'opinion publique. Ils feront avec regret ce sacrifice, mais ils le feront, et rÉgfisesetrouveraparlaforce des choses affranchie du salaire. Alors on se souviendra qu'elle avoit elle-même

désiré cet affranchissement ; elle pourra porter avec honneur sa pauvreté : et de plus, il se trouvera établi dans l'opinion que par là même elle est pleinement dégagée de tous les liens qui l'assujétissoient à l'État.

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