‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 3)Chapitre 13 sur 50 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

ce qui avoit été perdu. Delà cette persécution exercée, dans l'ombre des séminaires, non pas seulement contre la partie politique des doctrines de V Avenir y mais , il faut le dire hautement , contre toutes les doctrines soutenues par M. l'abbé de La Mennais. De là ces accusations étonnantes de schisme, d'hérésie, afin que la haine qu'on appeloit sur la personne de l'auteur , retombant sur ses écrits , tous fussent également réprouvés. Nous l'affirmons, il n'y a aujourd'hui en France qu'une seule question , une question où tout est indivisible, les choses et les personnes; et cette question la Yoici : La société de Louis XIV, et les doctrines gallicanes qui en sont la suite et la base , ressusciterontelles, oui ou non?

Les rédacteurs de V Avenir, affligés de l'opposition qu'ils rencontroient, mais effrayés et affligés à cause de l'Église et non à cause d'eux, firent ce que la foi et de saints exemples leur inspiroient. Dès le 2 février 1831 , le jour même que le choix de Dieu donnoit à l'Éghsc Grégoire XVI, ils signèrent à Paris une exposition des doctrines professées par eux. Elle de voit être immédiatement envoyée àRome,etmise aux pieds du Saint-Père . Elle fut en effet confiée par un député à M. Sébastiani, ministre des affaires étrangères, qui s'étoit engagé à la faire parvenir par l'ambassade. On n'a su que très tard qu'il n'avoit pas jugé convenable ou possible de faire cet envoi. Lorsque les rédacteurs de V Avenir en furent instruits, leur position étoit encore devenue plus grave; car on parloit de condamnations, et mille bruits circulèrent auxquels on ne craignoit pas de mêler le nom du

souverain pontife. Étoit-ce avec ou sans fondement? Les rédacteurs de VAmnir résolurent d^éclaircir ce doute et de venir à Rome même, aux pieds du successeur de saint Pierre, en chercher la solution. Après treize mois de combats pour la religion, ils suspendirent avec douleur, mais avec confiance en Dieu, la publication de VAmnir; et nous quittons , disoient-ils aux catholiques de France, nous quittons un instant le champ de bataille pour un autre devoir également pressant : (( Le bâton du voyageur à la main, nous nous acheminerons vers la chaire éternelle, et là, prosternés aux pieds du pontife que Jésus-Christ a préposé pour guide et pour maître à ses disciples, nous lui dirons : 0 père ! daignez abaisser vos regards sur quelques-uns d'entre les derniers de vos enfans , qu^on accuse d'être rebelles à votre infaillible et douce autorité* Les voilà devant vous, lisez dans leur âme; il ne s'y trouve rien qu'ils veuillent cacher. Si une de leurs pensées, une seule s'éloigne des vôtres, ils la désavouent, ils l'abjurent. Vous êtes la règle de leurs doctrines ; jamais, non jamais ils n'en connurent d'autres. Opère! prononcez sur eux la parole qui donne la vie, parce qu'elle donne la lumière , et que votre main s'étende pour bénir leur obéissance et leur amour. » ( Avenir du i 5 novembre 1831. )

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