‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 3)Chapitre 40 sur 50 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

terrae. Inde enim animorum immutationrs, inde adolescentium in détériora corniptio, inde in populo sacrorum , rerumque, ac legum sanclissimarum conlemplus , inde uno verbo pestis rei publicœ praB qualibet capitalior, cùm experientiâ teste vel à prima anliquitate notum sit, civitates, qnae opibus, imperio, gloriâ floruêre , hoc uno malo concidisse , libertate immoderatâ opinionum, licentiâ concionum, rerum novandarum cupiditate.

Hue spectat deterrima illa, ac nunquam salis exsecrandra et detestabilis libertas artis libraria? ad scripta quœlibet edenda in vulgus, quam tanto convicio audent nonnulli efflagitare ac promovere. Perhorrescimus , venerabiles Fratres, intuentes, quibus monstris doctrinarum , seu potiiis quibus errorum portentis obruamur, quae longé ac latè ubique disseminantur ingenti librorum multitudine, libellisque, et scriptis mole quidem exiguis, malitiâ tamen permagnis, è quibus maledictionem egressam illacrymaraur super faciem terrœ. Sunt tamen, proh dolor! qui eo impudentiae abripiantur, ut asserant pugnaciter banc errorum coUuviem inde prorumpentem satis cumulatè compensari ex lîbro aliquo, qui in bac tanta pravitatum tempestate ad religionem ac veritatem propugnandam edatur. Nefas profectô est, omnique jure improbatum, patrari data opéra malum certum ac majus, quia spes sit> inde boni aliquid habitum iri. Numquid venena libéré spargi , ac publiée \endi, comportarique , imô et obbibi debere, sanus quis dixerit, quod remedii quidpiam habeatur, quo

pandu parmi le peuple, en un mot le fléau le plus mortel pour la société, puisque l'expérience a fait voir de toute antiquité que les États qui ont brillé par leurs richesses, par leur puissance, par leur gloire, ont péri par ce seul mal , la liberté immodérée des opinions, la licence des discours et l'amour des nouveautés.

Là se rapporte cette liberté funeste, et dont on ne peut avoir assez d'horreur, la liberté de la librairie pour publier quelque écrit que ce soit, liberté que quelques-uns osent solliciter et étendre avec tant de bruit et d'ardeur. Nous sommes épouvantés, vénérables Frères, en considérant de quelles doctrines ou plutôt de quelles erreurs monstrueuses nous sommes accablés, et en voyant qu'elles se propagent au loin et partout, par une multitude de livres et par des écrits de toute sorte, qui sont peu de chose pour le volume, mais qui sont remplis de malice, et d'où il sort une malédiction qui , nous le déplorons , se répand sur la face de la terre. Il en est cependant, 6 douleur ! qui se laissent entraîner à ce point d'impudence, qu'ils soutiennent opiniâtrement que le déluge d'erreurs qui sort de là est assez bien compensé par un livre qui, au milieu de ce déchaînement de perversité, paroîtroit pour défendre la religion et la vé^ rite. Or c'est certainement une chose illicite, et contraire à toutes les notions de l'équité, de faire, de dessein prémédité, un mal certain et plus grand , parce

qui uluntur, eripi eos ex interitu idenlidem conlingat?

Verùm loDgè alia fuit Ecclesiae disciplina in exscindenda malorum librorum peste vel apostolorum aetate, quos legimus grandem librorum vim publiée combussisse (1). Satis sit, leges in concilio Lateranensi V in eam rem datas perlegere , et constitutionem, quae deinceps à Leone X fel. rec. praedecessore nostro fuit édita, ne id quod adfidei augmentum^ ac honarum arltum propagattonem saluhriter est tnventurriy in conlrarium couver latur^ ac Chrùti fidelium saluit deinmenlum pariât (2). Id quidem et Tridentinis Patribus maximaî cura^ fuit, qui remedium tanto huic malo adliibuêre, edito saluberrimo decreto de Indice librorum, quibu s impura doctrina contineretur, conficiendo (3). Pugnandum est acriter y inquit Clemens XIII, fel. rec. praedecessor noster, in suis de noxiorum librorum proscriptione ency clicis litteris (4) ; pugnandum est acriter ^ quantum res ipsa efflagitat^ et pro viribus tôt librorum mortifera exterminanda pernicies : numquam enim materia suhtrahetur erroris ^nisi

{i) ^cL^post.xix.

(2) Act. conc. Lateran. V, sess. X, ubi refertur const. Leonis X. Legenda est anierior conslitutio Alexandri VI, Inter muUiplices, ia qua multa ad rem.

(3) Conc. Trid. sess. XVIII ci XXV.

(4) Litt. Clora. XIII, Chrislianœ, 25 noT. 1766.

qu'il y a espérance qu'il en résultera quelque bien. Quel homme en son bon sens dira qu'il faut laisser se répandre librement des poisons, les vendre et transporter publiquement , les boire même , parce qu'il y a un remède tel que ceux qui en usent parviennent quelquefois à échapper à la mort?

La discipline de l'Église fut bien différente dès le temps même des apôtres, que nous lisons avoir fait brûler publiquement une grande quantité de mauvais livres. Qu'il suffise de parcourir les lois rendues sur ce sujet dans le cinquième concile de Latran , et la constitution qui fut, depuis, donnée par Léon X, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, pour empêcher que ce qui a été sagement inventé pour r accroissement de la foi et la propagation des sciences utiles soit dirigé dans un hut contraire^ et porte préjudice au salut des fidèles. Ce fut aussi l'objet des soins des Pères du concile de Trente, qui, afin d'apporter le remède à un si grand mal , firent un décret salutaire pour ordonner de rédiger un index des livres qui contiendroient une mauvaise doctrine. Il faut combattre avec force, dit Clément XIII, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, dans ses lettres encycliques sur la proscription des livres dangereux; il faut combattre avec force, autant que la chose le demande, et tâcher d'exterminer cette peste mortelle : car jamais on ne retranchera la matière de l'erreur, quen livrant aux flammes les coupables élémens du mal. D'après cette constante sollicitude avec laquelle le Saint-Siège s'est efforcé dans tous les temps de condamner les livres

pravilalis facinorosa elementa in flammis comhusla depereant. Ex hac itaque constanti omnium aetatum sollicitudine , quâ semper sancta haec Apostolica Sedes suspectes et noxios libros damnare, et de hominum manibus extorquere enisa est, patet luculentissimè , quantopere falsa, temeraria, eidemque Apostolicae Sedi injuriosa, et fecunda malorum in christiano populo ingentium sit illorum doctrina , qui nedum censuram librorum veluti gravem nimis , et onerosam rejiciunt, sed eo etiam improbitatis progrediuntur, ut eam praedicent à recti juris principiis abhorrere , jusque illius decernendœ , habendaeque audeant Ecclesiae denegare.

Cùm autem circumlatis in vulgus scriptis doctrinas quasdam promulgari acceperimus, quibus débita erga principes fides atque submissio labefactatur, facesque perduellionis ubique incenduntur; cavendum maxime erit, ne populi inde decepti à recti semita abducantur. Animadvertant omnes , non esse^, juxta apostoli monitum , poleslatem nui à Deo : quœ autem suniy à Deo ordinata sunt. Itaque qui resistû potestati^ Dei ordinationi resîstitj et qui resistunt^ tpsï sibi damnationem ac^ quirunt{\). Quocirca et divina et humana jura in eos clamant, qui turpissimis perduellionis seditionumque machinationibus à fide in principes desciscere , ipsosque ab imperio deturbare connituntur.

Atque hac plané ex causa, ne tantâ se turpitudine fcedarent veteres christiani, saBvientibus licet persecu- (1) ^d /iom,, XIII, 2.

suspects et nuisibles, et de les retirer des mains des fidèles, il est assez évident combien est fausse , téniéréraire, injurieuse au Saint-Siège, et féconde en maux pour le peuple chrétien, la doctrine de ceux qui non seulement rejettent la censure des livres comme un joug trop onéreux, mais eh sont venus à ce point de malignité qu'ils la présentent comme opposée aux principes du droit et de la justice, et qu'ils osent refuser à l'Église le droit de l'ordonner et de l'exercer.

Comme nous avons appris que des écrits semés parmi le peuple proclament certaines doctrines qui ébranlent la fidélité et la soumission dues aux princes, et qui allument partout les flambeaux de la révolte , il faudra empêcher avec soin que les peuples ainsi trompés ne soient entraînés hors de la ligne de leurs devoirs. Que tous considèrent que , suivant l'avis de l'apôtre , il ny a point de puissance qui ne vienne de Dieu. Ainsi y celui qui résiste à la puissance^ résiste à V ordre de Dieu, et ceux qui résistent s'attirent la condamnation à euxmêmes. Ainsi, les lois divines et humaines s'élèvent contre ceux qui s'efforcent d'ébranler, par des trames honteuses de révolte et de sédition, la fidélité aux princes, et de les précipiter du trône.

C'est pour cela, et afin de ne pas contracter une si honteuse souillure , que les premiers chrétiens, au milieu de la fureur des persécutions, surent cependant

tionibus, optimè tamen eos de imperatoribus , ac de imperii incolumitate raeritos fuisse constat, idque nedum fide in iis, quaesibi mandabantur religioni non contraria, accuratè promptèque perficiendis , sed et constantiâ, et effuso etiam in pra?liis sanguine luculentissimè comprobasse. Milites christiania ait S. Augustinus(l), servierunt mperatori infideli; uhi ventebatur ad causant Christi, non agnoscebant ^ nisiillumy qui in cœlis erat. Distinguebant Dominum œternuni à domino temporali^ et tamen subditi erant propter Dominum œternum etiam domino temporali, liaec quidem sibi ob oculos proposuerat Mauritius martyr invictus, legionis Thebanae primicerius, quando, uti S. Eucherius refert, haec respondit imperatori (2) : Milites sumuSy imperatoVy tui, sed tamen servi ^ quod liber è confitemur, Dei — Et nunc non nos hœc ultima vitœ nécessitas in rebellionem coegit : tenemus ecce arma^ et non resistimus^ quia mori quàm occidere satius volumus, Qusb quidem veterum christianorum in principes fides eo etiam illustrior effulget, si perpendatur cum Tertulliano (3), tune temporis christianis non defuisse vim numerorum, et copiarum, si hostes exertos agere voluissent. Hesterni sumusy inquit ipse, et vestra omnia implevimus^ urbesy insulaSy castella^ municipia^ conciliabula, castra ipsa^ tribus y decuriaSy palatium^ senatum^ forum. . . C'ui bello non idonei^non promptifuissemus^ etiam impares copiis^ qui tam libenter trucidamur^ si non apud istam discipli-

(1) s. Aug. in Psalm. CWl\, n. 7.

(2) S. Eucher. apud Ruinart. Act. SS. MM. de SS. Maurit. etsoc^ n. 4.

3) Terlull. in ^poiog. cap. XXXVII.

bien servir les empereurs , et travailler an salut de l'empire, comme il est certain qu'ils le firent. Ils le prouvèrent admirablement, non seulement par leur fidélité à faire avec soin et promptitude ce qui leur étoit ordonné , et ce qui n'étoit point contraire à la religion , mais encore par leur courage , et en répandant même leur sang dans les combats. Les soldats chrétiens^ dit saint Augustin, senoienl un empereur infidèle; mats s il étoit question de la cause de Jésus- Christj ils ne reconnoissoient que celui qui est dans les deux. Ils distinguoient le Maître éternel du maître temporel^ et cependant ils étoient soumis pour le Maître éternel même au maître temporel. C'est ce qu'avoit devant les yeux l'invincible martyr Maurice , cbef de la légion Tliébaine , lorsque , comme le rapporte saint Euclier, il répondit à l'empereur : JVous sommes vos soldats , prince ; mais cependant serviteurs de Dieu , nous l'avouons librement.,. Et maintenant même le danger oii nous sommes de perdre la vie ne nous pousse point à la révolte ; nous avons des armes, et nous ne résistons point, parce que nous aimons mieux mourir que de tuer. Cette fidélité des anciens chrétiens brille avec bien plus d'éclat, si on remarque, avec Tertullien, qu'alors les chrétiens ne manquaient ni par le nombre, ni par la force, s'ils eussent voulu se montrer ennemis déclarés, « Nous ne sommes que d'hier, dit-il , et nous remplissons tout, vos villes, vos îles, vos forts, vos municipes, vos assemblées, vos camps, vos tribus, vos décuries, le palais, le sénat, le forum... Combien n'aurionsnous pas été disposés et prompts à faire la guerre ,

nam magis occidïliceret^ quàm occidere!,.. Si tantavis hominum m aliquem orhis remoti simim ahrupissemus à vobïs^ suffudissel uiique pudore domïnatïonem vestram lot qualïumcumqiie amissio cmunij, immb et tpsâ destitutione pumsset. Procul duhio expavisselis ad solttudmem vestram;.., quœsissetis^ quitus imperarelis ; plures hosteSy quàm cives vohis remansissent : nunc autem pauciores hostes hahetis prœ multitudine christianorum.

Prœclara haec immobilis subjectionis in principes exempla, quae ex sanctissimis christianaB religionis praeceptis necessariô proficiscebantur^ detestandam illorum insolentiam, et improbitatem condemnant, qui projectâ, effrenatâque procacis liber tatis cupiditate œstuantes, toti in eo sunt, ut jura quaeque principatuum labefactent, atque convellant, servitutem sub libertatis specie populis illaturi. Hue sanè scelestissima deliramenta, consiliaque conspirarunt Waldensium, Beguardorum , Wiclefitarum aliorumque hujusmodi filiorum Belial, qui bumani generis sordes ac dedecora fuere, merito idcirco ab Apostolica bac Sede toties anatbemate confixi. Nec alia profecto ex causa omnes vires intendunt veteratores isti, nisi ut cum Lutbero ovantes gratulari sibi possint, Itberos se esse ah omnibus: quod ut facilius celeriusque assequantur, flagitiosiora quœlibet audacissimè aggrediuntur.

quoique avec des forces inégales , nous qui nous laissons égorger si volontiers , si notre religion ne nous obligeoit plutôt à mourir qu'à tuer ! . . . Si nous nous fussions séparés de vous, si une si grande masse d'hommes se fût retirée dans quelque partie éloignée du monde , la perte de tant de citoyens , quels qu'ils soient, eût couvert de confusion votre puissance, l'eût punie même par ce seul abandon. Sans doute vous eussiez été épouvantés de votre solitude ; . . . vous eussiez cherché à qui commander ; il vous seroit resté plus d'ennemis que de citoyens : maintenant vous avez moins d'ennemis, à cause de la multitude des chrétiens. »

Ces beaux exemples de soumission inviolable aux princes, qui étoient une suite nécessaire des saints préceptes de la religion chrétienne , condamnent la détestable insolence et la méchanceté de ceux qui, tout enflammés de l'ardeur immodérée d'une liberté audacieuse, s'appliquent de toutes leurs forces à ébranler et à renverser tous les droits des puissances, tandis qu'au fond ils n'apportent aux peuples que la servitude sous le masque de la liberté. C'est là que tendoient les coupables rêveries et les desseins des Vaudois , des Béguards, des Wicléfites et des autres enfans de Bélial , qui furent l'écume et l'opprobre du genre humain , et qui Otit été pour cela si souvent et si justement frappés d'anathème par le Siège apostolique. Ces fourbes , qui travaillent pour la même fm , n'aspirent aussi qu'à pouvoir se féliciter avec Luther d'être libre à l'égard de totiSy et, pour y parvenir plus facile-

Neque laetiora et religion! et principatui ominari possemus, ex eorum votis, qui Ecclesiam à regno separari, mutuamque imperii cum sacerdotio concordiam abrumpi discupiunt. Constat quippe, pertimesci ab irapudentissimae libertatis amatoribus concordiam illam, quae semper rei et sacrœ et civili fausta extitit ac salutaris.

At ad caeteras acerbissimas causas , quibus soUiciti sumus, et in communi discrimine dolore quodam angimur prsecipuo, accessêre consociationes quaedam, statique cœtus, quibus, quasi ag^mine facto cum cujuscumque etiam falsae religionis ac cultûs sectatoribus, simulatâ quidem in religionem pietate, verè taraen novitatis, seditionumque ubique proraovendarum cupidine, liber tas omnis generis praedicatur, perturbationes in sacram et civilem rem excitantur, sanctior quaelibet auctoritas discerpitur.

Haec perdolenti sanè animo, fidentes tamen in Eo qui imperat ventis et facit tranquillitatem, scribimus ad vos, venerabiles Fratres, ut induti scutum fidei contendatis praeliari strenuè praelia Domini. Ad vos potissimumpertinet stare pro muro contra omnem altitudinem extoUentem se ad versus scientiam Dei. Exerite gladium spiritûs, quod est verbum Dei, habeantque à vobis panem, qui esuriunt justitiam. Adsciti, ut sitis

ment et plus vite, ils tentent audacieusement les entreprises les plus criminelles.

Nous n'aurions rien à présager de plus heureux pour la religion et pour les gouvernemens, en suivant les vœux de ceux qui veulent que l'Eglise soit séparée de l'État, et que la concorde mutuelle de l'empire avec le sacerdoce soit rompue. Car il est certain que cette concorde , qui fut toujours si favorable et si salutaire aux intérêts de la religion et à ceux de l'autorité civile, est redoutée par les partisans d'une liberté effrénée.

Aux autres causes d'amertume et d'inquiétude qui nous tourmentent et nous affligent principalement dans le danger commun , se sont jointes certaines associations et réunions marquées , où l'on fait cause commune avec des gens de toute religion, et même des fausses^ et où, en feignant le respect pour la religion, mais vraiment par la soif de la nouveauté , et pour exciter partout des séditions, on préconise toute espèce de liberté , on excite des troubles contre le bien de l'Église et de l'État , on détruit l'autorité la plus respectable.

C'est avec douleur sans doute , mais aussi avec confiance en Celui qui commande aux vents et ramène le calme , que nous vous écrivons tout ceci , vénérables Frères, afin que, vous couvrant du bouclier de la foi, vous vous efforciez de combattre courageusement pour le Seigneur. C'est à vous surtout qu'il appartient de vous montrer comme un rempart contre toute hauteur qui s'élève en opposition à la science de Dieu.

cultores navi in vinea Domini, id unum agile, in hoc simul laborate, ut radix quaelibet amaritudinis ex agro Yobis commisse evellatur, omnique enecato semine \itiorum, convalescat ibi seges laeta \irtutum. Eos in primis affectu paterno complexi, qui ad sacras praesertim disciplinas, et ad philosophicas quaestiones animum appulere , hortatores , auctoresque iisdem sitis, ne solius ingenii sui viribus freti imprudenter à veritatis semita in viam abeant impiorum. Meminerint , Deum esse sapienlïœ ducem, emendatoremque sapientium (\) , ac fieri non posse, ut sine Deo Deum discamus, qui per Verbum docet homines scire Deum (2). Superbi, seu potiùs insipientis bominis est, fidei mysteria, quae exsuperant omnem sensum, hunianis examinare ponderibus, nostraeque mentis rationi confidere , quae naturaehumanae condilione debilisest, et infirma.

Caeterùm communibus bisce votis pro rei et sacrae et publicae incolumitate cbarissimi in Chrislo filii nostri viri principes sua faveant ope et auctoritate, quam sibi coUatam considèrent non soliim ad mundi regimen , sed maxime ad Ecclesiae praesidium. Animadvertant sedulo, pro illorum imperio et quiète geri,

(1) Sap.yUyth.

(2) S. Ircnœus, Ub. IV, cap. X.

Tirez le glaive de l'esprit qui est la parole de Dieu, et que ceux qui ont faim de la justice reçoivent de vous le pain de cette parole. Appelés à être des ouvriers diligens dans la vigûe du Seigneur, ne songez , ne travaillez tous ensemble qu'à arracher du cbamp qui vous est confié toute racine amère, à y étouffer toute semence vicieuse, et à y faire croître une moisson abondante de vertus. Embrassant dans votre affection paternelle ceux qui s'appliquent aux sciences ecclésiastiques et aux questions de philosophie, exhortez-les fortement à ne pas se fier imprudemment sur leur esprit seul, qui les éloigneroit de la voie de la vérité et les entraîneroit dans les routes des impies. Qu'ils se souviennent que Dieu est le guide de la sagesse et le réformateur des sages f et qu'il ne peut se faire que nous connoissions Dieu sans Dieu, qui apprend par son Verbe aux hommes à connoître Dieu. C'est le propre d'un orgueilleux ou plutôt d'un insensé, de peser dans une balance humaine les mystères de la foi qui surpassent toute intelligence , et de se fier sur notre raison , qui est foible et débile par la condition de la nature humaine.

Que nos très chers fils en Jésus-Christ les princes favorisent, par leur concours et leur autorité, ces vœux que nous formons pour le salut de la religion et de l'État. Qu'ils considèrent que leur autorité leur a été donnée, non seulement pour le gouvernement temporel , mais surtout pour défendre l'Éghse , et que tout ce qui se fait pour l'avantage de l'Éghse , se fait aussi pour leur puissance et pour leur repos. Qu'ils se

quidquid pro Ecclesiae salute laboralur; imo pluris sibi suadeant fidei causam esse debere quàm regni, magnumque sibi esse perpendant, dicimus cum S. Leone pontifice, sitpsorum dtadematide manu Domini^ eliam fidei addatur corona, Positi quasi parentes et tutores populorum, veram , constantem , opulentam iis quietem parient , et tranquillitatem , si in eam potissimùm curam incumbant , ut incolumis sit religio et pietas in Deum , qui habet scriptum in femore : Rex regum et Dominus dominanimm,

Sed ut omnia haec prospéré ac féliciter eveniant, levemus oculos manusque ad sanctissimam Virginem Mariam, quae sola universas haereses interemit, nostraque maxima fiducia, imo tota ratio est spei nostrae (1). Suo ipsa patrocinio , in tanta Dominici gregis nécessita te, studiis, consiliis, actionibusque nostris exitus secundissimos imploret. Id et ab apostolorum principe Petro , et ab ejus coapostolo Paulo bumili prece efflagitemus , ut stetis omnes pro muro , ne fundamentum aliud ponatur praeter id, quod positum est. liâc jucundâ spe freti , confidimus auctorem cousummatoremque fidei Jesum Cbristum consolaturum tandem esse nos omnes in tribulationibus, quae invenerunt nos nimis, cœlestisque auxilii auspicem Apostolicam benedictionem, vobis, venerabiles Fratres, et ovibus vestrœ curae traditis peramanter impertimur.

{!) Ex S. Bernardo, Serm. de lYaliv. B. M. V. § 7.

persuadent même que la cause de la religion doit leur être plus chère que celle du trône, et que le plus important pour eux, pouvons-nous dire avec le pape saint Léon, est que la couronne de la foi soit ajoutée de la main de Dieu à leur diadème. Placés comme pères et tuteurs des peuples, ils leur procureront une paix et une tranquillité véritables, constantes et prospères, s'ils mettent tous leurs soins à maintenir intactes la religion et la piété envers Dieu , qui porte écrit sur son vêtement : Roi des rots et Seigneur des seigneurs.

Mais, afin que tout cela arrive heureusement, levons les yeux et les mains vers la très sainte Vierge Marie, qui seule a anéanti toutes les hérésies, et qui forme notre plus grand sujet de confiance, ou plutôt qui est tout le fondement de notre espérance. Qu'au milieu des besoins pressans du troupeau du Seigneur, elle implore par sa protection une issue favorable pour nos efforts, pour nos desseins et pour nos démarches. Nous demandons instamment et par d'humbles prières, et à Pierre, prince des apôtres, et à Paul, son collègue dans l'apostolat , que vous empêchiez avec une fermeté inébranlable qu'on ne pose d'autre fondement que celui qui a été établi de Dieu même. Nous avons donc cette douce espérance, que l'auteur et le consommateur de notre foi, Jésus-Christ, nous consolera enfin dans les tribulations qui nous sont survenues de toutes parts, et nous vous donnons affectueusement à vous, vénérables Frères, et aux brebis confiées à votre soin , la bénédiction apostolique , gage du secours céleste.

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