‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 3)Chapitre 43 sur 50 · VÉNÉRABLE FRÈRE , SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE · texte numérisé non relu

VÉNÉRABLE FRÈRE , SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE

Nous avons lu avec des sentimens de bienveillance la lettre que vous nous écrivîtes, le 22 avril de l'année dernière , de concert avec plusieurs de nos vénérables frères les évêques de France, et que vous avez pris soin de nous faire remettre par notre vénérable frère Emmanuel, cardinal évêque de Tusculum, grand-pénitencier. Cette lettre nous a offert une nouvelle et éclatante preuve du zèle pastoral, de la foi, et du respectueux attachement pour ce Siège apostolique, dont nous savions parfaitement que vous et vos collègues êtes profondément pénétrés. Au moment oii votre lettre nous est parvenue, nous donnions depuis longtemps nos soins et toute notre application à ce que , conformément à l'usage et à la pratique du Saint- Siège , après avoir mûrement pesé, selon l'expression du pape Zozime, ce que requéroït la nature même de la chose f nous pussions instruire à propos tous les enfans de l'Eglise du jugement qu'il faut porter , d'après la doctrine des lettres sacrées et de la sainte tradition , touchant ces malheureuses questions qui font aussi le

cujiis fîdes errores quoslihel mpngnat, probe intelligimus, id nobis specialim commissimi esse, ut omnes conalus no sir os caiisis tnipendamus in quibus mmer salis Ecclesiœ salus possil infeslari. Id nos , Deo bene jinante , atque auspice in primis Virgine sanctissimâ fidenter peregimus, datis solemni Assumptionis ipsiiis die ad catholici orbis Antistites Encyclicis Litteris, quibus sanam , et quam sequi unicè fas sit, doctrinam pro nostri officii munere protulimus. Dédit voci nostraB \ocem virtutis Pater luminum, in quem spem omnem conjeceramus : easque alacriter , religiosè , studiosèque ubique receptas fuisse , gratulabundi testati sunt et sacrorum Antistites , et viri ex universis ordinibus commendatiores. Imo auctores ipsi fautoresque consiliorum, de quibus praecipuè querebamur, ad quos mitteudaseas litteras curavimus , publiée denuntiarunt, se ab incœptis illico cessasse, ne voluntati nostrae obsisterent. Quae quidem declaratio eam illico nobis spem indidit, sincère ipsos, plenè, absolutè, omniquedepulsâambiguitatejudicio nostro paruisse, idque luculentioribus quoque monumentis fore in posterum testaturos eâ fide , quâ se erga Christi Vicarium incensos toties disertissimè professi sunt. Haec sane perjucunda spes animum nostrum in summa temporum difficultate pro rei sacrae incolumitate sollicitum erexerat : at dolorem adhuc injiciunt, quae etiam nunc perferuntur in vulgus. Humilibus proinde precibus oculos manusque ad auctorem et consummatoremiidei Jesum attollimus, ut praebente ipso omnibus cor docile, orlos in Eccksia strepitus , ut verbis S. Cœlestini pon-

sujet do votre lettre* Averti par ces paroles de saint Léon-le-Grand, notre prédécesseur, que noire faiblesse ijoîwerne f Eglise au nom de celui dont la foi combat toutes ks erreurs, nous comprenons bien que notre charge spéciale est de consacrer tous nos efforts aux affaires où le salut de l'Église universelle se trouve f ompromis. C'est ce que nous avons fait avec confiance, aidé du secours d'en-haut, et particulièrement sous les auspices de la très sainte Vierge, en adressant, le jour solennel de son Assomption , aux évêques de l'univers catholique, la Lettre encyclique dans laquelle nous avons exposé, suivant le devoir de notre charge, la saine doctrine, la seule qu'il soit permis de suivre. Le Père des lumières, en qui nous avions mis toute notre espérance, a rendu notre voix forte et puissante : notre Encychque a été reçue partout avec joie , avec empressement, avec des sentimens religieux, comme nous l'ont attesté, avec actions de grâces, et les évêques et les personnages les plus recommandables dans tous les ordres de la société. Bien plus: les auteurs euxmêmes et les partisans des projets qui faisoient surtout l'objet de nos plaintes, et auxquels nous avions eu soin d'envoyer l'Encyclique, ont déclaré publiquement qu'ils se désistoient à l'heure même de leurs entreprises, pour ne pas s'opposer à notre volonté. Cette déclaration nous inspira d'abord la confiance qu'ils avoient obtempéré à notre jugement avec sincérité, pleinement, absolument, sans aucune sorte d'ambiguité, et que dans la suite ils en donneroient des témoignages plus convaincans, avec les sentimens de

tificis utamur, compressas tandem pacaltssmâ raiione /w/5se gratulemur. Communia in tantum fmem vota, consilia, et stiidia ingeminet cum aliis istius regni spectatissimis religionis zelo Episcopis , quos singulari benevolentiae affectu complectimur, fraternitas tua, cui dum hanc rescribimus Epistolam nostrae in te voluntatis testem , cœlestia quaeque dona adprecamur, atque Apostolicam benedictionem peramanter impertimur.

Datum Romae apud sanctum Petrum die 8 maii anni 1833, pontificatûs nostri anno III.

GREGORIUS pp. XVI.

foi dont ils ont dit souvent, et dans des termes les plus expressifs, qu'ils étoient animés pour le Vicaire de Jésus-Christ. Cet espoir si doux avoit relevé notre âme , alarmée du péril de la religion, dans l'extrême difficulté des temps; mais ce qu'on répand encore aujourd'hui dans le public nous jette de nouveau dans la douleur. Nous levons donc avec d'humbles prières nos yeux et nos mains vers Jésus-Christ, l'auteur et le consommateur de la foi, afin que, donnant lui-même à tous un cœur docile, nous puissions nous féliciter , selon l'expression du pape saint Célestin, de ce que les hruits qui se sont élevés dans V Église ont été calmés de la manière la plus paisible. Pour atteindre un but si important, redoublez, avec les autres évêques du royaume, que distingue éminemment leur zèle pour la religion , et que nous embrassons dans les sentimens d'une singulière affection ; redoublez, mettez en commun vos vœux, vos conseils , vos soins, vénérable Frère à qui nous adressons cette lettre comme un témoignage de nos sentimens particuliers, en demandant à Dieu pour vous tous les dons d'en-haut , et en vous donnant, dans l'effusion de notre cœur, notre bénédiction apostolique.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 8 mai 1 833, l'an troisième de notre pontificat.

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