TOME
quo certè eviucatur , falso prorsùs ac per calumniam lot tantaque de eodem propalam obtrudi.
Caeterùm id insuper grave admodum extitit nobis, quod cùm idem Lamenneius agnoverit, nostrum esse de iis pronunciare , quae catholicae rei expédiant, se deinceps extraneum fore, iisdem ad nos litteris asseruerit^ ubi de Ecclesia, deque religionis causa quaestio sit. Quo enim haec tendunt, venerabilis Frater , nisi ut se quidem supremam nostram auctoritatem revereri, judicio autem , bac in re , nostro , doctrinisque per nos traditis nondùm obsequutum fuisse patefaciat?
Quae quidem omnia, utalia multa praetereamus^ molestas nobis universam, ad baec usque tempora, tristissimi hujus negotii rationem perpendentibus suspiciones injecêre , causasque ingeminârunt quibus illa nos cura vehementer sollicitât.
Verùm fatemur cum gaudio : animos nunc addunt nobis , nutautesque in bonam nos spem erigunt, qua; Lamenneius iisdem litteris promittit et spondet, se scilicet paratum esse ommia illa libenter sanctèque profiteri, quibus de fdiali sua obedientia certissimè convincamur. Flagitat idcirco, ut de verbis edoceatur, quibus propositum hoc suum possit apprimè declarare. Cui quidem postulationi id unum rescribimus, ut scilicet doctrinam nostris Encyclicis Litteris traditam, quibus certè non nova prœcepta tmperantur
faussement et calomnieusement que tant de choses si graves lui sont publiquement attribuées.
Au reste ce qui nous a en outre très péniblement affecté , c'est que dans la lettre qu'il nous a adressée , après avoir reconnu qu'il nous appartient de prononcer sur ce qui est bon et utile à l'Eglise catholique, le même de La Mennais proteste qu'il restera à l'avenir totalement étranger aux questions qui intéressent l'Église et la cause de la religion. A quoi tend cette protestation , vénérable Frère , sinon à faire connoître clairement qu'il est, à la vérité, plein de respect pour notre autorité suprême, mais qu'en ceci il ne s'est point encore soumis à notre jugement et aux doctrines enseignées par nous ?
Voilà, sans parler de beaucoup d'autres choses, ce qui, lorsque nous considérions avec attention comment tout s'est passé jusqu'à présent dans cette déplorable affaire , nous a inspiré de pénibles soupçons , et a redoublé les motifs des vives inquiétudes que nous ressentons à cet égard.
Mais, nous l'avouons avec joie , nous retrouvons maintenant la confiance, et notre espérance se relève par la promesse que fait et l'engagement que prend de La Mennais , dans cette même lettre , d'être prêt à professer volontiers et religieusement tout ce qui peut nous convaincre avec une entière certitude de son obéissance fiUale. Il demande , dans cette intention , qu'on lui indique en quels termes il peut le mieux exprimer cette résolution. A cela, nous ne répondons qu'une seule chose : c'est qu'il s'engage à suivre uni-
( dicimus cum Innocentio Ï , sanctissimo praedecessore nostro ) sed ea quœ Jposlolka et Patrum traditione sunt consiituta, se unicè et absolutè sequiconfirmet, nihilque ab illa alienum se aut scripturum esse autprobaturuin.
HflBC si testetur ipse , praBStetque factis , plénum certè erit gaudium nostrum. Ita enim fore confidimus, ut ademptum tandem yideamus è domo Israël lapidem offensionis , omnesque sapere unanimes secundùm scientiam, quae ex Deo est, aliquando laetemur. Tuam igitur religionem , pietatem , fidem , compellamus , venerabilis Frater, ut quâvales prudentiâ, doctrinâ, gratiâ, auctoritate, in tantum fmem contendas, quo studia, votaque hœc nostra exitus nanciscantur secundissimos. NostrsB erga dilectum illum fdium voluntatis interprétera te adsciscimus : affectu illum paterne complexuri banc ab ipso consolationem omnium gratissimam praestolamur, ut, Patris amantissimi vocem alacriter sequutus , sit ipse caeteris etiam auctor ad ea dumtaxat magno animo et forti credenda , quibus catbolica fides, sanetitas morum, et publici ordinis incolumitas serventur, augeanturque in dies feliciùs.
qiiement et absolument la doctrine exposée dans noire Lettre encyclique ( par laquelle , pouvons- nous dire avec Innocent I , notre très saint prédécesseur , nous n imposons point de nouveaux préceptes y mais ce qui a été établi par la tradition des apôtres et des Pères\ et à ne rien écrire ou approuver qui ne soit conforme à cette doctrine.
S'il nous donne ce témoignage de ses sentimens, s'il les prouve par sa conduite , rien ne manquera à notre joie. Car nous avons la confiance qu'enfin nous ne verrons plus dans la maison d'Israël une pierre de scandale, et que nous nous réjouirons un jour de ce que tous , dans l'unanimité des sentimens , seront sages selon la science qui vient de Dieu.
C'est pourquoi, vénérable Frère, nous réclamons votre refigion , votre piété , votre foi , pour que vous employiez à atteindre un but si important toute votre prudence, votre science, votre influence, votre autorité, afin que nos désirs et nos vœux soient suivis des plus heureux succès. Nous vous chargeons donc d'être, auprès de ce fils chéri, l'interprète de notre volonté. Disposé à l'embrasser dans notre aflliction paternelle , nous attendons de lui cette consolation , la plus douce de toutes, que, suivant avec empressement la voix d'un père plein de tendresse, il porte luimême les autres à ne croire et à ne soutenir avec courage et avec force, que ce qui peut maintenir et accroître plus heureusement de jour en jour la foi catholique , la sainteté des mœurs , et la conservation de l'ordre public.
Summè gloriosum sibi futurum meminerit viros imitari tum sanctîtate , tum doctrinâ , tum dignitate praestantes, qui, si qmdpiam à vero rectoque absonum se protulùse agnoverunt, Pétri Damiani monitum sequuti, ad Pétri magisterium libenter corrigendi accessemnt, probe gnari, teste S. Leone Magno, Romanos Pontifices, gratiam sibi paternse charitatis impensuros, dilectionemque non negare, ut manifestationem catholicae veritatis expectent.
Humili intérim assiduâque prece à Pâtre luminum postulamus, patrocinio Virginis sanctissimaB implorato, quae omnium mater e&t, domina, dux et magistra y ut voce tua virtutem assequutâ ex alto , tantum, et nobis , et Ecclesia» illatum fuisse gaudium gratulemur. Quae ut è sententia prospère ac féliciter eveniant, eœlestis praesidii auspicem Apostolicam benedictionem tibi, venerabilisFrater, peramanter impertimur.
Datum Romae apud S. MariamMajorem, die 5 octobris 1833, pontificatûs nostri anno IIL
Gregorius, pp. VXI,
Qu'il se souvienne qu'il lui sera infiniment glorieux de suivre l'exemple d'hommes éminens par leur samtelé, leur science ou leur dignité, qui, dès qu'ils reconnurent qu'ils avoient avancé quelque chose de faux ou d'inexact, recoururent , suivant le conseil de Pierre Damien , à renseignement de Pierre, disposés à être volontiers redressés par lui ; sachant bien, d'après le témoignage de saint Léon-le-Grand , que les Pontifes romains leur accorderoient la grâce d'une charité paternelle , et qu'ils ne refusent point leur tendresse , môme lorsqu'ils attendent encore la manifestation de sentimens conformes à la vérité catholique.
Cependant , après avoir imploré la protection de la très sainte Vierge, mère, souveraine, guide et maîtresse de tous les hommes, nous demandons, par une prière humble et continuelle au Père des lumières , que , votre voix ayant reçu la force d'en-haut , nous ayons à nous féliciter d'un si grand sujet de joie procurée à nous et à l'Église. Afin qu'il en soit ainsi , et que le succès soit heureux et selon nos désirs , nous vous donnons avec un tendre amour, vénérable Frère, notre bénédiction apostolique comme l'annonce de la protection divine.
Donné à Rome, à Sainte-Marie-Majeure, le 5 octobre de l'an 1 833 , l'année troisième de notre pontificat.
Grégoire xvi Pape.
DILECTO FILIO F. LAMENNEIO,