‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 4)Chapitre 15 sur 89 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

Autorité, amour, voilà ses deux grands caractères, et aussi plus que jamais les deux grands besoins de la société. Défendre la religion catholique, c'est donc défendre nos dernières espérances. Elle ne périra pas, elle est immortelle ; mais les erreurs contraires peuvent subsister, se propager ; elles peuvent détruire le genre humain, et nous savons en effet qu'elles le détruiront tôt ou tard. Il vit de foi, il mourra quand la foi affoiblie sera près de s'éteindre (1).

C'est pour la ranimer, pour l'affermir, que nous écrivons ; notre ouvrage n'a point d'autre but. Que nous a~t-on répondu? rien, sur ce qui concerne les athées et les déistes ; seulement, en nous reprochant d'accuser ceux-ci d'indifférence, on nous a nous-même accusé d'être intolérant, et cela avec une violence que la philosophie tolère sans doute, qu'elle prescrit même apparemment, lorsqu'il s'agit de donner à un chrétien des leçons de douceur.

(1) J^erumtamen filius hominis veniens , jmlas , inveniel/idem in terra ? Luc. XVIII , 8.

niÉl ACK. XXIII

Sur le premier point, il est évident que l'on confond deux choses totalement distinctes. Le sens du mot indifférence varie selon qu'on l'applique aux personnes ou aux doctrines. Tantôt il désigne un état de l'âme, tantôt un jugement delà raison. L'indifférence, dans le premier sens, est synonyme d'insouciance. C'est un état de langueur qui , s'emparant de la volonté, ôte à l'homme jusqu'au désir de connoître la vérité qu'il ne peut ignorer sans péril, et le rend comme insensible à ses plus grands intérêts. Il ne nie rien , il n'affirme rien ; il s'endort sans s'inquiéter s'il y a un réveil, ni de ce que sera pour lui ce réveil. Nous avons attaqué ce genre d'indifférence dans le VHP chapitre de Y Essaie nous en avons montré la folie ; mais nous n'avons dit nulle part que tous les déistes soient atteints de ce funeste engourdissement. L'athée dogmatique lui-même n'est pas indifférent de cette manière : car il tient fortement à sa doctrine , il la défend , il cherche à la propager ; elle est son idole , son dieu , comme le Dieu véritable est son ennemi , et il peut même porter l'amour de l'un et la

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