XX XVI H PREFACE
gieuse sera toujours illusoire chez les protestans, puisqu'elle ne sauroit y avoir d'autre base que l'enseignement. Qu'avons-nous dit autre chose? Le ministre pense que les deux autres voies sont également insuffisantes , et nous le pensons comme lui. Mais où a-t-il pris que l'Église catholique se soit constamment efforcée de tenir les peuples dans une ignorance profonde , elle à qui nous devons la conservation des sciences et des lettres en Europe ; elle qui , pendant plusieurs siècles, s'occupant seule d'encourager les études, faisoit aux premiers pasteurs un devoir d'établir partout des écoles (l)?En vérité,
(1) Afin qu'on puisse comparer ce que faisoitsurce point l'Eglise catholique , dans les temps qu'on appelle d'ignorance, avec ce que font dans le siècle des lumières la politique etla philosophie , nous citerons textuellement une disposition du troisième concile de Latran : « Pour que les enfans pauvres qui ne peuvent » être aidés par leur parens , ne soient pas privés des moyens » d'apprendre à lire et de suivre leurs études, qu'il soit assigné, » dans chaque église cathédrale , au maître qui enseigne les clercs » de cette église et les pauvres écoliers, un bénéfice convenable, j' de sorte que sa subsistance soit assurée , et la voie de la doc- » trine ouverte à ses disciples. Que la permission d'enseigner soit » accordée gratuitement; que, sous aucun prétexte, on n'exige » rien de ceux qui enseignent; et qu'on n'empêche personne » d'enseigner, pourvu qu'il en soit capable, et qu'il en ait de-
PPiÉFACE. XXX iX
M. Vinceiil compte beaucoup sur l'ingénuité des siens, de leur parler de l'ignorance de l'Italie sous LéonX, et de la France sous Louis XIV. Ce qu'il appelle la voie de contrainte , est tout simplement la persécution. 11 a la charité de faire entendre que nous l'appelons de tous nos vœux. Nous avons déjà répondu à cette odieuse calomnie , et nous plaignons le ministre d'être réduit à employer de pareilles armes. « Tous ceux , dit-il , qui ont eu la manie » de l'unité dans la foi , après avoir épuisé les » ressources de l'enseignement et celles de l'i- » gnorance, ont senti que, sans la contrainte,
w mandé l'autorisation : Ne pauperibus qui parentûm oplbus » juvari non possunt , legendi etproficiendi opportunitas sub- » trahatur, per unamquamque ecclesiam cathedralem ma- » gistro , qni clericos ejusdem ecclesiœ , et scholares paupe- M res doceat , competens aliquod beneficium assignetur , quo » docentis nécessitas sublevetur , et discentibus viapateat ad » doctrinam. Pro licentiâ verodocendinulluspretiumeœigat; » vel sub obtentu alicujus consuetudinis , ab iis qui docent » aliquid quœrat ; nec docere quempiam, petit d licentiâ, qui » sit idoneus, interdicat. » Concil. Lateran., c. 18, an 1176, ride et. Concil. Vasensi, 3° can. 1, an 529.— Narbon., can. il, an. 589.— Clovesho V, 2", can. 7, an. 747.— Aquisgran., lib.l, c. 135, an. SIC— Trident. , sess. V., de Réf. ,c. i.