PRÉFACE. LV
cer d'interrompre ce travail. On ne dispose pas toujours de soi - même suivant ses désirs dans ces temps de désordre et de tempêtes.
Nous avons traité une question d'une importance extrême, la question la plus générale que la raison puisse se proposer. De sa solution dépend toute vérité, tout ordre et toute paix : car il n'y a de paix pour l'intelligence que lorsqu'elle est certaine de posséder la vérité, et il n'y aî^de paix pour les peuples que lorsqu'ils sont certains d'obéir à l'ordre. La société n'est si agitée , si calamiteuse , que parce que tout est incertain, religion, morale, lois, pouvoir; et y incertitude vient de ce que les esprits ne reconnoissent plus d'autorité qui ait sur eux le droit de commandement. Le monde est la proie des opinions : chacun ne veut croire que soi, et dès lors n'obéir qu'à soi. Plus de dépendance, plus de devoirs , plus de liens. L'édifice social, réduit en poussière , ressemble au sable du désert, où rien ne croît, où rien ne vit et qui, emporté par les vents, ensevelit les voyageurs sous ses montagnes brûlantes.
• Rétablissez l'autorité : l'ordre entier renaît^