CHAPITRE Xm
Du fondement de la certitude.
Rien ne subsiste que par la vérité, car la vérité est l'être, et hors d'elle il n'y a que le néant. Le désir de connoître, inné dans l'homme, n'est que le désir même d'exister, et comme l'effort naturel de l'intelligence vers la vie. De là c^tte ardente recherche du vrai, et cette joie vive et pure que nous éprouvons à sa vue. Ce sentiment a des racines si profondes en nous, que rien ne le peut détruire , pas même la passion dépravée de l'erreur. On ne hait la vérité, et l'on n'aime l'erreur , que lorsqu'à force de travail on est parvenu à se représenter l'erreur comme vraie , et la vérité comme fausse; que lorsqu'on a, pour ainsi dire, recouvert le néant d'un vain simulacre de l'être, comme on entoure un cercueil d'images de la vie , et d'emblèmes d'immortalité.