PRÉFACE. XXI
Dieu? Qu'importe qu'après avoir suivi jusquelà un principe qui devroit les forcer encore à douter d'eux-mêmes , une puissance supérieure les arrête, et les contraigne de croire à une existence sans cause comme sans but ? N'y at-il donc que la dernière erreur, la dernière destruction, que le néant qui soit à craindre? et tout sera-t-il permis à l'homme , pourvu qu'il consente à dire : Je suis? On rejettera, nous le savons , cette conséquence avec horreur . Alors qu'on cesse donc de répéter qu'il n'y a point , qu'il ne sauroit y avoir de vrais sceptiques ; qu'on cesse de demander pourquoi on attaque une philosophie dont le doute est l'essence , et dont l'unique danger est de conduire les esprits conséquens à l'athéisme.
On n'y fait pas assez attention ; la raison de l'homme , séparée de la raison humaine et de la raison de Dieu par une philosophie contre nature , a tellement baissé , que les notions les plus communes du bon sens lui sont devenues presque étrangères. Aussi tout est-il en question, tout, et jusqu'aux élémens mêmes de la société. On ne s'entend sur rien,