‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 5)Chapitre 8 sur 57 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

mer ou nier tout ce qu'ils veulent , en disant , cela est clair pour moi, ou cela ne l'est pas(l). Toutes les preuves, tous les raisonnemens qu'il est possible de leur opposer, viennent se briser contre ces deux mots.

A cette philosophie aussi désastreuse qu'absurde nous substituons la doctrine du sens

{!) Bossuet, quoique cartésien, avoit pressenti les inconvéniens de la philosophie cartésienne, qui commençoient à se manifester de son temps. Il Irouvoit qu'on en entendoit mal les principes ; mais il n'explique nulle part comment il les faut entendre : nulle part il ne donne de règle qu'on puisse substituer à celle des perceptions claires et distinctes ; et il est évident en effet que l'homme considéré isolément, n'en peut trouver d'autre en lui-même : car quelle raison auroit-il d'affirmer comme vrai ce qui ne lui paroîtroit pas clairement être vrai? Sa croyance n'étant que l'expression de ce que son esprit perçoit , ou ses perceptions étant la seule cause , le seul motif de ses croyances , il faudroit , dans le cas supposé , qu'il prononçât ce jugement : Je crois que telle chose est vraie , ou telle chose me par oit vraie , parce qu'elle ne me par oit pas vraie. Écoutons maintenant Bossuet; il va nous apprendre quels effets produisoient déjà les principes de Descartes entendus comme tout le monde les entendoit , et de la seule manière dont il soit possible de les entendre sans se contredire , et sans renverser entièrement la philosophie cartésienne :

« Je vois un grand combat se préparer contre l'Église

» sous le nom de la philosophie cartésienne. Je vois naître de

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