‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 162 sur 220 · VOIX DU DEHORS · texte numérisé non relu

VOIX DU DEHORS

Vive la République!

Tuus ceux qui sont à l'intérieur agitent leurs chapeaux. — Le refrain de ta JUaraeWaùe éclate avec force.

BARBAROUX i un peu en arrière des autres girondins.

Heureux jeunes soldats !

Joyeux et confiants , ils marchent aux combats ; Ils croient à la justice, et s'étonnent des crimes.

— lNous aussi , nous avions de ces élans sublimes.

Charlotte l'observe et l'écoute attentiToment. BUZOT, à Barbaroux.

Pourquoi donc , Barbaroux , ces mots décourageants ? N'as-tu pas bon espoir, à voir ces jeunes gens?

On n'entend plus la Marteillaise que dans le lointain.

BARBAROUX

Dieu veuille qu'en ceci je soi^ mauvais prophète , Buzot; mais nous marchons, je crois, à la défaite. Quelle armée avons-nous? Un millier de Normands. Oii sont les bras promis par les départements? Us sont soixante et dix, qui font pour notre cause En paroles beaucoup, en œuvres peu de chose.

— Sieyès! prudent Sieyès! vous aviez bien raison. Ailleurs l'indifférence I ici la trahison!

Il montre Wimpfen.

Tu vois ce général; crois-tu qu'il nous seconde? Il défend les Bourbons et non pas la gironde. Ainsi notre drapeau devient le rendez-vous Des vieux partis vaincus qui se servent de nous. Si bien qu'environné de périls, je redoute Pour nous une victoire autant qu'une déroute.

— Et voilà mon chagrin! Je vois, et j'en gémis. Combien la République a peu de vrais amis.

Et que des deux côtés on prétend la défendre ,

1. Le général Wimpfen et les officiers, à gauche. — Les girondins au fond vers la gauche. — Les bourgeois au fond, vers la droite. — Barbaroux, Buzot et Charlotte, plus près de Tavant-scëne.

Page 1