SCÈNE DEUXIÈME
HORACE, joignant les mains.
De grâce !
LYDIE
Eh bien , passons à la dernière strophe ; Elle est la mienne.
HORACE, i part.
Bon ! gare la catastrophe !
LYDIE, lisant.
Bacchus verse Toubli des chagrins. Ëvohél
— Esclave, écoute encore :
Dans son réduit connu va-t*en chercher... Ghioé !
C'est Chloé que j*adoreI
Bile se retourne vers Horace, en lui montrant les tablettes.
C'est Chloé I
HORACE
Je...
LYDIE
Chloé!
HORACE
Mais...
LYDIE
Parle I réponds-moi!
Traître! que diras-tu? — Parle donc!
Beroé se retire dans le cabinet.
HORACE
J'ai...
LYDIE
Tais-toi I
11 ose encor parler après son imposture.
Le fourbe ! — Prétends-tu nier ton écriture ?
— Ai-je mal lu?
Bile lai montre les tablettes.
Tiens, lis : vois ton accusateur.
— Chloé, c'est bien Chloé. — Diras-tu non, menteur?
HORACE
Lydie! au nom des dieux 1 écoute-moi, Lydie!
LYDIE
Ah ! pouvais-je m'attendre à cette perfidie !
Ah ! comme il se jouait de ma crédulité !
Jamais coup plus cruel m*a-t-il été porté !
Le parjure attestait les dieux de sa tendresse I
Il osait défier leur foudre vengeresse !
Quoi d'étonnant, d'ailleurs, qu'il se moque des dieux?
Un infidèle amant ne peut être pieux.
— Et, dupe que j'étais, comme on l'est quand on aime. Je prenais ses serments pour la vérité même;
J'avais presque un remords de mes soupçons jaloux;
Il s'indignait si bien , que je l'avais absous.
Je m'épanouissais devant ses fourberies
Dont mon cœur altéré buvait les flatteries.
Ah ! sottise ! — C'était un rôle bien joué.
Il parlait à Lydie en pensant à Chloé.
dieux! — C'est très-plaisant. Vous avez dû bien rire.
N'est-il pas vrai? pendant qu'on apportait la lyre.
J'ai mis tant de bonheur et tant de bonne foi
A réciter ces vers que je croyais pour moi !
Comme j'en savourais la lente mélopée!
Gomme je jouissais de ma gloire usurpée !
Folle! sotte! niaise! — Qui, c'est risible; eh bien.
Toi, ris de ton côté; moi, je pleure du mien.
BUe Ta tomber dans le fauteuil.
HORACE
Lydie , écoute-moi !