‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 214 sur 220 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

HOBACE, se relevant.

Très-laide. On dit qu elle se farde.

LYDIE

Elle a d' affreuses dents.

HORACE

Elle louche, je croi.

LYDIE

Tu u aimeras jamais d'autre femme que moi?

HORACE

Jamais.

LYDIE

Répète-le; redis-le-moi sans cesse.

HORACE

Quand mon cœur brûlera pour une autre maltresse» On verra le Bouvier, connu des matelots.

Abandonner le pôle et plonger dans les flots.

LYDIE

Le zéphyr soufflera du côté de la Thrace, \vant qu*un autre amant succède à mon Horace.

HORACE

Mettez-moi sur les bords glacés du Pont-Euxin , Ou sous le char brûlant du soleil trop voisin , Partout je t'aimerai, toi pour qui je respire, Lydie au doux parler, Lydie au doux sourire.

LYDIE

Oh ! les tendres discours !

HORACE

Oh ! les aveux charmants !

LYDIE , portant la main sur les tablettes d'Honce.

I^isse-moi sur la cire écrire nos serments.

— Donne.

HORACE, rateBant ses Ublette».

Mais... non.

LYDIE

Pourquoi ?

HORACE

La cire est barbouillée.

LYDIE

Voyons.

HORACE

C'est une ébauche à peine débrouillée.

LYDIE

(l'est égal. Je veux voir. — Pour qui ces vers?

Pour toi,

LYDIE

Bien sûr?

HORACE

Eh ! pour quelle autre ?

LYDIE

Alors, montre-les-moi.

HORACE, i part.

\hi !

Haut.

Non ; j'aime mieux te les lire moi-même.

Mes vers balbutiés me font un mal extrême.

Il lit. — Lydie l'écoute, appuyée sur son épaule.

Compagnons du printemps, les zéphyrs ont çoufllé

Dans les voiles tendues; Le Tibre > qui se tait, ne roule plus enflé

Par les neiges fondues.

SCËiNE DëUXIÈMK.

Dans les prés amollis la nonvAlle saison

tipaissit rherbe fraîche, Et déjà le troupeau, qu'invile le gazon,

Se platt moins dans la crèche.

Déjà , d'un pied joyeux , Vénus conduit les chœurs

De la ronde commune Où la Nymphe, et la Grâce unie à ses deux sœurs,

Dansent au clair de lune.

Le soleil nous ramène avec les jours brûlants

La soif que rien n'apaise.

Couchons-nous sous ces pins ou ces peupliers blancs

Pour y boire à notre aise.

Esclave, rafraîchis le falerne échauffé,

Dans cette eau murmurante ; Puis apporte des fleurs. J'aime à boire , coiffé

De la rose odorante.

Toujours ne dure pas la gloire du printemps

(Jui brille sur la rose.

A quoi bon les soucis, quand pour si peu d'instants

11 faut si peu de chose?

Bacchus verse l'oubli des chagrins. Évohé!

— Esclave, écoute encore :

Dans son réduit connu va-t'en chercher... Lydie

C'est Lydie que j'adore.

LYDIE

Ah! que c'est donc joli! — le dernier vers surtout. — Fais voir.

Mais non.

LYDIE

Mais si. Je le veux.

HORACE

Point du tout.

374 HORACK ILT LYDIE.

LYDIE

Bile arrache les tablettes à Horace.

Si fait ! — Ah ! je les tiens.

HORACE

Tu ne pourras pas lire.

LYDIE

J*essairai.

HORACE f i part.

Je suis pris.

LYDIE, appelant Beroé et lui moatraat une lyre pendue à la muraille.

Bercé , prends ta lyre.

Jeu muet d'Horace, qui veut reprendre les tablettes, et de LydU* ,

qui les cache dans son sein.

Beroé s'approche avec la lyre , et en tire quelques accords , pendant que Lydie récite les vers d'Horace.

Compagnons du printemps, les zéphyrs ont soufflé

Dans les voiles tendues; Le Tibre, qui se tait, ne roule plus enflé

Par les neiges fondues.

Dans les prés amollis la nouvelle saison

Épaissit rherbe fraîche, Et déjà le troupeau, qu'invite le gazon,

Se platt moins dans la crèche.

Déjà , d'un pied joyeux , Vénus conduit les chœurs

De la ronde commune Où la Nymphe, et la Grâce tmie à ses deux sœurs,

Dansent au clair de lune.

H ORACE, l'interrompant, et cherchant i reprendre les tablette».

C'est assez; le surplus n'est pas encor poli; Tu le liras demain.

LYDIE, retenant les tablettes.

Non , non. C'est très-joli.

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