‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 217 sur 220 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

Ah ! qu'il vaut mieux choisir un honnête garçon , Tout simple , et vous aimant de la bonne façon ,

— Comme Cérinthe, ou bien Calais fils d'Ornithe.

HORACE

Une bête!

LYDIE

Il m'adore, et c'est *un grand mérite.

— Il est jeune, il est beau.

HORACE

Hum I pas trop.

LYDIE

Il me platt; Cela suffît.

Regardant Horace.

D*ailleurs, on peut être plus laid. ,

HORACE

Kn mille traits d'esprit sa causerie abonde ; Vous tiendrez les propos les plus jolis du monde.

LYDIE

On dit toujours très -bien ce qu'on sent. Les amours Vivent de sentiments, et non de beaux discours.

HORACE

S'ils vivent de sottise, ils ne feront pas diète.

Ob ! Calais n'a pas tout l'esprit d'un poète ; Il ne sait pas, sans cesse occupé de ses vers, A tout ce qu'on lui dit répondre de travers : 1 1 ne veut .pas frapper du front les toits célestes , Pour avoir aligné deux ou trois anapestes; Il ne se change pas en cygne un beau matin ; Mais il a du bon sens, — ce qui manque à certain.

UORACB.

Eh ! prenez-le donc vite !

LYDIE

En vérité ?

HORACE

Sans doute.

LYDIE

Fort bien. Votre conseil est bon , et je le goûte.

Appelant Beroé.

Beroé ! tu sais bien ce jeune et beau garçon , Calaïs , qui toujours rôde sous nia maison ?

BEROE 9 Tenant vers Lydie.

Oui, oui.

LYDIE

Va le chercher. Dis-lui que je l'invita A souper; que je Taime, et qu'il vienne au plus vite.

BEROE.

J'y cours, madame.

Attends, ma bonne Beroé.

Tu connais , n'est-ce pas , la charmante Çhloé ?

BEROÉ.

Ghloé, notre voisine?

HORACE

Oui. Passe chez la belle, Et dis-lui que j*irai, ce soir, souper chez elle.

LYDIE, i Beroé , qui la consulte des yeux.

Va. Fais ce qu'il te dit. Je l'approuve très-fort.

Sort Beroé.

HORACE

Comme c'est merveilleux d'être si bien d'accord I

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