‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 218 sur 220 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

LYDIE

Knfin je vais avoir cette bonne fortune l>*un amant pour moi seule et non pas pour chacune.

HORACE

Knfin je connaîtrai des amours indulgents

Qui pour Tombre d*un tort ne battront pas les gens.

LYDIE

Qu'est-ce que vaut un cœur dont on n'est pas la reine ?

HORACE

Kt qu'est-ce qu'un plaisir dont on fait une peine?

Pour moi, je suis fidèle, et j'entends qu'on le soit ; Je veux que Ton me donne autant que l'on reçoit, Kt fais très-peu de cas d'un encens que l'on brûle Tantôt à Lalagé, tantôt à Néobule.

HORACE

Moi, j'ai l'humeur paisible, et j'ai grand'peur du bruit, Kt d'un œil orageux où toujours l'éclair luit. L'Amour s'enfuit, chassé par un sourcil farouche, Kt pleure le sourire exilé de la bouche.

LYDIE

l/amour va revenir, et le rire perdu.

HORACE

Aux amis négligés je vais être rendu ;

Je pourrai respirer le frais sous ma tonnelle ,

Sans craindre qu'un retard m'attire une querelle.

LYDIE, d'un ton passionné.

Oh! viens, cher Calais! Je compte les moments. Mon cœur bondit déjà vers tes embrassements.

Vénus n'est plus à Chypre; elle est toute en mes veines. Viens, ami! C'est pour toi que fument les verveines, Pour toi que ces rideaux, mystérieux remparts,

Du passant indiscret repoussent les regards.

C'est pour toi que luira d'une clarté voilée , Pour toi que s éteindra la lampe reculée.

Regardant Horace, i la dérobée.

— 11 S émeut.

HORACE , se levant.

Qu'elle est belle, en ce mol abandon!

Livrer cette sirène à mon rival ! Fi donc !

Il s'approche de Lydie, qui, à moitié couchée, lui toame le dos. —

A demi-Toix et tendrement.

Lydie !

LYDIE, sans se retourner.

Calaïs! — volupté divine I — C'est toi! Sans t' avoir vu, tout mon cœur te devine.

Toujours sans se retourner, pendant qu'Horace lui pose le bout de:*

doigts sur les cheveux.

Détache ces bandeaux qu'emprisonne un seul nœud.

HORACE

Les beaux cheveux !

LYDIE, tendant la main , toujours sans se retourner.

Ma main attend ta lèvre en feu.

HORACE, baisant la main de Lydie.

La belle main !

LYDIE, se retournant.

Eh quoi I Vous encore !

HORACE

Moi-même.

Que faites-vous?

HORACE, lui baiiant encore la main.

Je dis à ta main que je t'aime.

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