‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 84 sur 220 · AG.\KS · texte numérisé non relu

AG.\KS

Vous avez vu le roi? c'est à vous qu'il parlait?

GUILLAUME

Oui, reine.

AGNÈS

Par pitié pour une pauvre femme, Guillaume, dites -moi ce qu'il disait.

GUILLAUME

Madame...

AGNÈS

Ah! j'ai tort, il est vrai, de m'approcher ainsi. Et je vous fais horreur, Guillaume, à vous aussi.

— Mon Dieu!

GUILLAUME

C'est m'outrager par une injuste crainte, Reine; à mes yeux, jamais vous ne fûtes plus sainte.

AGNÈS

Eh quoi ! vous me plaignez ! — Pardonnez mes soup<;ons ;

Le malheur m'habitue à de rudes leçons.

-^ Mais pourtant, s'il est vrai que mon sort vous émeuve,^

Mon bon Guillaume, il faut m'en donner une preuve : Il faut me répéter ce que disait le roi.

— Guillaume, n'est-ce pas qu'il a parlé de moi? Veut-il me garder?

Oui, certes, quoi qu'il arrive.

AGNES

Il l'a dit?

GUILLAUME

Oui, madame, et de façon très- vive.

AGNÈS

noble, noble cœur! Oh! c'est digne de lui!

Que disait- il encore? — Il a bien de l'ennui, Guillaume, est- il pas vrai? — car je sais que vous êtes L'intime confident de ses peines secrètes.

GUILLAUME

Madame, mieux que moi, vous en pouvez juger.

AGNÈS

Il ne m'en parle pas, de peur de m'aiïliger;

il n'est que trop facile, hélas! de les comprendre;

Mais de sa bouche encor voudrais-je les entendre.

— Dites !

Guillaume se tait.

Répondez-moi, sans ménager les coups; J'aiTive préparée, et j'attends. — Croyez -vous Que je ne plonge pas dans sa douleur captive ; Qu'il en échappe un signe à l'amante attentive , Et que le fond du cœur, dans les yeux regardé. Ne trahit pas le mot que la bouche a gardé !

Il pense m' abuser par une gatté feinte ; Mais je vois l'amertume à travers la contrainte. Après un long silence , il parle brusquement ,

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