‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 202 sur 223 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

HARAT.

Tu viens de Caen? — Eh bien, que faisaient les vingt-deux?

CHARLOTTE, toujours appuyée contre le mur.

Hier, leurs bataillons sont sortis de la ville. Ils marchent sur Paris.

MARAT

Combien d'hommes?

CHARLOTTE

Dix mille.

MARAT

Qu'ils viennent! ils seront accueillis comme il faut.

— Quelle riche moisson, mordieu! pour l'échafaud!

CHARLOTTE, à part, mettant la main sur sa poitrine, à l'endroit où est caché le couteau.

A moi , Dieu de Judith !

MARAT

Attends, je vais écrire.

— Nomme les principaux.

CHARLOTTE, à part.

Tout mon courage expire.

MARAT

Combien de députés?

CHARLOTTE

Dix-huit.

MARAT

Nomme-les tous.

CHARLOTTE

Buzot, Guadet, Louvet, Pétion... Barbaroux.

Bn nommant Barbaroux, elle porte la main à son couteau. MARAT, répétant le dernier mot.

Barbaroux. — Va toujours, c'est pour la guillotine.

CHARLOTTE se débarrasse vivement de son mantelet , entre» éperdument dans la salle de bain, en tirant son couteau, et leplonge dans le cœur de Marat.

Meurs donc! meurs, scélérat!

MARAT

A moi! L'on m'assassine t

Charlotte sort égarée, jette le couteau par terre arec horreur,. et reste immobile sur l'avant-scène.

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