‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 210 sur 223 · SCENE PREMIERE LYDIE, BEROÉ · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE LYDIE, BEROÉ

Lydie est assise et occupée à sa toilette. — Beroé est debout. LYDIE.

Approche le miroir, Beroé.

BEROÉ.

Le voici.

LYDIE, so regardant au miroir.

Trouves-tu mes cheveux bien arrangés ainsi ?

BEROÉ.

A merveille.

LYDIE

Vraiment? — Ne crois-tu pas qu'Horace Aimera ces frisons, ondulant non sans grâce ?

BEROÉ.

S'il n'en est pas charmé, le poète romain

A le goût plus grossier qu'un barbare germain.

LYDIE

Pourtant si, délivrant les boucles vagabondes,

Je laissais sur mon cou se dérouler leurs ondes? — Telle apparut, dit-on, Vénus au mont Ida.

BERGE, montrant la coiffure de Ljdie.

Hais ainsi se coiffait la fille de Léda.

Le double bandeau sied aux visages ovales,

Et vous ferez mourir de dépit vos rivales.

LYDIE

Tu crois ?

BEROÉ.

Hier, Chloé vous a vue en chemin ; La jalouse a pâli sous son triple carmin.

LYDIE

Eh bien, si ma coiffure irrite sa malice, Restons ainsi coiffée, afin qu'elle pâlisse.

Montrant la cassette qui est sur la table de toilette.

Donne mes bracelets, — mes anneaux; — donne encor Mon collier de corail et mes agrafes d'or.

Elle arrange les plis du péplum que Beroé vient d'agrafer.

Ces plis tombent-ils bien ?

BEROÉ.

Les divines statues, D'un voile aérien par Phidias vêtues, Moins purs et moins légers laissent tomber les plis Du marbre de Paros sur leurs corps assouplis.

LYDIE

Et maintenant posons le lierre sur ma tète ; Le lierre est le feuillage aimé de mon poëte.

Elle se redresse et se retourne vers Beroé.

Suis-je belle ?

BEROÉ.

Vénus! — Quel est le chevalier Qui ne vendrait pour vous sa bague et son collier?

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