‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 215 sur 223 · SCÈNE DEUXIEME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIEME

HORACE, se relevant.

Très-laide. On dit qu'elle se farde.

LYDIE

Klle a d'affreuses dents.

HORACE

Elle louche, je croi.

LYDIE

Tu n'aimeras jamais d'autre femme que moi?

Jamais.

LYDIE

Répète-le; redis-le-moi sans cesse.

HORACE

Quand mon cœur brûlera pour une autre maîtresse, On verra le Bouvier, connu des matelots, Abandonner le pôle et plonger dans les flots.

LYDIE

Le zéphyr soufflera du côté de la Thrace, Avant qu'un autre amant succède à mon Horace.

HORACE

Mettez-moi sur les bords glacés du Pont-Euxin , Ou sous le char brûlant du soleil trop voisin , Partout je t'aimerai, toi pour qui je respire, Lydie au doux parler, Lydie au doux sourire.

LYDIE

Oh ! les tendres discours !

HORACE

Oh ! les aveux charmants !

LYDIE , portant la main sur les tablettes d'Horace.

Laisse-moi sur la cire écrire nos serments.

— Donne.

:«i HORACE KT LYDIE.

HORACE, retenant ses tablettes.

Mais... non.

Pourquoi ?

HORACE

La cire est barbouillée.

LYDIE

Voyons.

HORACE

C'est une ébauche à peine débrouillée.

LYDIE

C'est égal. Je veux voir. — Pour qui ces vers?

HORACE

Pour toi.

LYDIE

Bien sur?

HORACE

Kh! pour quelle autre?

LYDIE

Alors, montre-les-moi.

HORACE, à part.

Ahi î

Haut.

Non ; j'aime mieux te les lire moi-même.

Me* \ers balbutiés me font un mal extrême.

Il lit. — Lydie l'écoute, appuyée sur son épaule.

Compagnons du printemps, les zéphyrs ont soufflé

Dans les voiles tendues; Le Tibre, qui se tait, ne roule plus enflé

Par les neiges fondues.

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