‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 4)Chapitre 25 sur 112 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Tombera de fatigue aux mains d'un dictateur.

— Hélas! la liberté, comme un trompeur mirage, Fuira-t-elle toujours l'œil qui se décourage? Sommes-nous condamnés , nous ses meilleurs amis , A ne jamais entrer dans ce pays promis,

Et verrons-nous toujours au seuil démocratique La Révolution , — jamais la République !

BARBAROUX

Eh bien ?

VERGMAUD.

Gourmandez donc les Ilots tumultueux !

Enchaînez l'Océan, Xercès présomptueux!

— Ah ! le doute est permis en face de la tâche ; Parler est imprudent, et se taire est bien lâche. Faut-il se retirer sans avoir combattu ,

Et , se réfugiant dans sa froide vertu , Considérer d'en haut, philosophe égoïste , La sombre tragédie à laquelle on assiste? Mais c'est autoriser d'autres assassinats. Qu'est-ce qu'une vertu qui ne s'indigne pas ! Faut-il faire éclater une sainte colère ? Mais c'est exaspérer la fureur populaire , Attiser le foyer de nos dissensions.

Et hâter l'incendie et les destructions.

— Peut-être n'est-ce pas sans un travail énorme, Sans d'immenses douleurs, qu'un État se transforme. Ce long enfantement d'un monde jeune et fort

A des convulsions comme en aurait la mort. jNous y périrons tous les uns après les autres : Toute idée est mortelle à ses premiers apôtres. Mais l'âge balaîra cette vapeur de sang Qui sur notre horizon couvre le jour naissant :

240 CH A1M,()TTK COUDA Y.

Alors sans doute, après bien des vicissitudes, Après d'autres excès et d'autres servitudes, La raison, qui [)oursuit son céleste chemin, Resplendira sans ombre aux yeux du genre humain.

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