‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 4)Chapitre 44 sur 112 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

— Voici Buzot, — voici Pétion et Louvet,

— Moi , je suis Barbaroux.

CHARLOTTE

]Noms fameux , tous les quatre !

Pétion , qui fut roi de Paris idolâtre ! Buzot , le digne ami de madame Roland ! Louvet, qui dénonça Robespierre tremblant! Et vous, ô Barbaroux, le héros de Marseille!

— Ah! vos noms bien souvent ont frappé mon oreille, Et mon plus ardent rêve au ciel n'eût demandé

Que le don de vous voir, comme il m'est accordé.

S'avançant vers les girondins.

Salut, vaillants soldats d'une juste querelle! Fils de la liberté, vous qui souflrez pour elle! J'avais promis un guide; eh bien , ce sera moi; Je n'entends pas céder ce glorieux emploi.

— Que n'ai-je une chaumière! elle serait la vôtre; Mais le lieu que j'habite est la maison d'une autre; Ma tante, solitai)"e et pauvre, m'y reçoit;

Et cependant je puis vous procurer un toit.

BARB.\ROUX

Nous le demanderons au conseil de la ville. Madame; nous voulons un peu plus qu'un asile. Si la ville de Caen n'a pas dégénéré.

Nous assoirons à Caen un nouveau mont Sacré , D'où la France réponde à Paris , qui la brave , Par un libre sénat contre un sénat esclave.

CHARLOTTE

Venez donc, citoyens! Il me tarde de voir Se lever ce beau jour dont vous m'offrez l'espoir; Il me tarde aussi bien que l'honneur en revienne A la ville de Caen dont je suis citoyenne.

"26 't CHARLOTTE COR D AV.

— Quelle gloire pour Caen ! Paris déshérité Va de ses plus grands noms enrichir ma cité , Au point qu'elle peut dire, avec raison pareille, Ce que dit un Romain chez mon aïeul Corneille :

« Oui, ])uisque autour de moi j'ai tous ces vrais appuis, Rome n'est plus dans Rome; elle est toute où je suis. »

— Venez!

r.ARBAROUX.

Nous vous suivons. iNous comprenons, madame. Que du sang de Corneille on tienne une grande âme.

Ils sortent à gauche.

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