ACTE DEUXIÈME
Elle est mon intendante et ma garde-malade; Elle me sert d'appui pendant la promenade; Sur la lenteur du mien elle règle son pas, Et je n'aime à sortir qu'en lui donnant le bras.
Charlotte rentre, apportant une tasse qu'elle pose près de sa tante.
MADAME DE li RE TT E V ILLE , à Charlotte, en lui montrant le vieux gentilhomme.
Viens, que je te présente à mon compatriote;
— Un compagnon d'enfance, — un vieil ami, Charlotte.
Le vieux gentilhomme salue Charlotte, qui lui fait une gracieuse révérence.
CHARLOTTE
Soyez le bienvenu, monsieur, et croyez bien Qu'un ami de ma tante est d'avance le mien.
LE VIEUX GENTILHOMME, à madame de Bretteville.
Charmante !
CHARLOTTE, s'approcliant de la vieille dame, et maniant son travail.
Pour qui donc ce travail à l'aiguille?
LA VIEILLE DAME
Ceci? — C'est un tricot pour ma petite-fille.
CHARLOTTE
Et vos yeux?
LA VIEILLE DAME
Oh! je peux travailler sans y voir; Mais je ne peux plus lire, et c'est mon désespoir.
CHARLOTTE
Demain, je vous lirai Gonzalve de Cordoue.
Elle va vers la table de jeu.
LA VIEILLE DAME, à madame de Bretteville.
Adorable !
272 CHAR LOT TI-: rOHDAV.
U i\ E DAME, qui jouait, céiiant sa place à Charlotte.
Sieds-toi, chère petite, et joue.
On commence un ])oston.
Charlotte s'assied et prend les cartes en main.
M A I) A M E D K lî R E T T E V 1 L E E , au vieux gentilhomme, qui s'est levé et regarde des vases do fleurs artificielles, placés sur la cheminée.
Vous regardez ces fleurs?
LE VIEUX GENTILHOMME
On les croirait des champs, à leurs vives couleurs!
MADAME DE lî R ETTE VI L LE , montrant Charlotte.
C'est son ouvrage.
UNE DAME, qui joue, à Charlotte.
Mais, Charlotte, prends donc garde!
Tu n'es pas à ton jeu. — Qu'est-ce qu'elle regarde?
U\ JOUEUR, jetant une carte.
Sept à cœur !
On entend du bruit dans la rue.
CHARLOTTE, tressaillant.
Écoutez !