‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 4)Chapitre 83 sur 112 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Autres sont les moyens de construire et d'abattre :

S'il fallait faire peur, quand il fallait combattre,

Quand nous avons vaincu, nous devons consommer

L'œuvre républicaine en la faisant aimer.

Elle aura tous les cœurs, si l'ordre recommence.

Pour cela, que faut-il? La force et la clémence.

Légalité, respect à la Convention,

<jOuvernement puissant, unité d'action,

Tout est là. — Mais d'abord désarmons la Commune.

Deux souverainetés , c'est trop. Il n'en faut qu'une.

— Qu'en dis-tu, Robespierre?

ROBESPIERRE

Ah ! que demandes-tu ?

Je suis bien fatigué d'avoir tant combattu. A quoi bon les efforts du patriote austère ? La vertu fut toujours trop rare sur la terre , Et l'on se décourage à poursuivre ici-bas Le bien que l'on veut faire et que l'on ne fait pas.

DANTON

A part. Haut.

îîon ! sa vieille chanson ! — Essayons tous ensemble.

ROBESPIERRE

Les essais ne sont pas si faciles qu'il semble. La liberté ne vit que par les bonnes mœurs; Pour réformer l'Etat, réformez donc les cœurs, Sinon, vainqueurs d'un roi, mais vaincus par le vice, A'ous n'aurez fait bientôt que changer de service.

Danton se lève avec impatience, et se promène vers la gauche.

Eh bien , substituer, pour le commun bonheur, Les lois de la morale aux lois d'un faux honneur, fLa raison éclairée au sombre fanatisme. Le devoir au calcul, l'amour à l'égoïsme ,

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