‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 107 sur 234 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

RODOLPHE, puis GEORGE.

RODOLPHE) regardant le capitaliste et la vieille fille, qili sortent.

Je crois maintenant George à Tabri de la vieille.

S'avançant sur le devant de la scène.

— Deux beaux yeux ! il n'est pas d'éloquence pareille. J'aurais eu beau prêcher tout un jour, pour ma part , Jamais je n'eusse fait ce qu'a fait un regard.

Ah ! cette mission est toute féminine ,

De relever le front que le malheur incline.

Bntre George, radieux.

GEORGE, à Rodolphe, avec enthousiasme.

G mon ami ! quels yeux ! quel esprit ! quel accent !

— La beauté ! la jeunesse ! ô charme tout-puissant ! reines de ce monde ! ô soleils de la vie !

Quand vous resplendissez, l'àme est épanouie; Tout ce qu'on fait de grand éclôt à vos clartés; Nous nous purifions en vos sérénités; Et les mauvais instincts, le dégoût, l'ennui sombre» Chassés par vos rayons, rentrent au sein de l'ombre. La jeunesse a paru : mes yeux se sont ouverts; J'ai reculé d'effroi devant cinquante hivers.

— Quelle adorable enfant! aussi belle qu'un ange! Et bonne ! et sachant bien tourner une louange ! De quel aveuglement étais-je donc frappé,

Que ce charme infini m'ait d'abord échappé !

— C'en est fait : je renais ; je redeviens moi-même. Travail , amour, vertu , pardonnez mon blasphème ! Je suis à vous, toujours, et sans condition;

Je rougis maintenant de ma tentation;

Je saurai l'expier par un ferme courage; J'accepterai gaîment la misère et Toutrage, Kt, pour bien débuter dans ce sage dessein, Demain, je vais donner des leçons de dessin.

Rodolphe lui serre la main.

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