ACTE ClxNQUIÈME
Sauf la bonne amitié, tout s'est évanoui.
— Tu Taimes , n'est-ce pas ?
LUCILE
Oui; — mais écoute, Laure:
I Si d'anciens souvenirs sont... douloureux encore; / Si notre intimité, que tu verras de près, \ Peut un jour, malgré toi, réveiller des... regrets; \ Dis un mot. Cet hymen n'a plus rien que j'envie, N)ès qu'il faut le payer du repos de ta vie.
LAURE
Sois à lui sans remords ; paisible entre vous deux , J'oublîrai mon malheur en vous voyant heureux.
LUCILE
Vrai?
LAURE, la baisant sur le front.
Vrai.
Lucilc va ver» son père.
Je ne saurais accuser que moi-même , Elle sait mieux aimer, et mérite qu'on l'aime.
LUCILE, à M. Mercier.
Elle tend la main à sa sœur.
Puisque vous , et ma sœur, exprimez ce désir, Je ne sais pas, pour moi, déguiser mon plaisir.
A George.
J'accepte votre main, George, et je puis vous dire Qu'avec leur sentiment mon propre cœur conspire.
M. Mercier la pousse doucement vers Qeorgo.
GEORGE
OLucile!
M. HERGIER.
I Eh! ma foi, j'ai tout bien arrangé.
iU L'HONNEUR KT L'ARGENT.
LK NOTAIRE, se frotUnt les mains.
Vite un contrat !
LAURE, allant à George.
£h bien, amoureux aflligé.
Vous voyez qu'on guérit de tout, que rien ne tue.
Kn souriant.
Vous pourrez donc, monsieur, vous résoudre à ma vue?
GEORGE, affectueusement.
Oui , madame. Jadis elle m'eût fait souffrir ; Je haïssais aloi-s ; j'apprends à vous chérir.
LAURE
C'est dire galamment que l'amour est éteinte.
— Du moins que l'amitié m'ôte le droit de plainte.
GEORGE, lui prenant la main, et désignant I.ucile.
Vous serez notre sœur, à tous deux.
A Rodolphe , en lui montrant Lucile.
Je maintien Qu'on est récompensé de se conduire bien.
RODOLIMIE, saluant Lucile.
J'aurais mauvaise grâce à nier cette preuve.
— Heureux qui, comme toi, triomphe de l'épreuve !
GEORGE
Eh! eh! c'est tout au plus; j'ai fait quelques faux pas.
Entre un domestique.
Allons dîner.
A Rodolphe.
' 3Ionsieur ne refusera pas... - {
ACÏK CINQUIÈME. i5:>
RODOLPHE, taisant un salut militaire.
J'obéis, mon sergent, par respect militaire.
George donne lo bras à Lucilo, et le notaire à Laure. — Rodolphe, sortant le dernier, à M. Mercier.
Eh bien, nous disions donc que cet affreux Voltaire...