ACTE PREMIEH. Î
DUBOIS
Attendez fin du mois.
LA VIEILLE FEMME
Et mes Docks ? mes Béziers ?
Et mes Mines de zinc? et mes Crédits fonciers?
DUBOIS
d'est variable; on monte, on baisse, et Ton remonte. Revenez fin du mois, je vous en rendrai compte.
LA VIEILLE FEMME, revenant.
Monsieur Dubois, c'est tout notre petit avoir.
DUBOIS
Bon, bon.
LA VIEILLE FEMME
C'est pour la dot de ma fille.
DUBOIS
Bonsoir.
LA A''I£ILLE FEMME, revenant encore.
Monsieur Dubois, j'ai peur...
DUBOIS
Ah! quelle patience!
La poussant par les épaules.
Allez-vous-en !
Entre un nouveau personnage , associé de Dubois. Dubois , le voyant entrer, aux autres personnes présentes.
Messieurs, à demain l'audience.
Tous sortent, excepté l'associé.
Quoi de neuf?
l'associé.
Un client que nous avons perdu.
DUBOIS
iiui donc ?
l'associé.
Le charbonnier; on l'a trouvé pendu.
DUBOIS
C'est un des accidents auxquels la Bourse expose.
l'associé.
On a mis en prison mademoiselle Rose ; Ses maîtres l'ont surprise alors qu'elle empruntait A leurs tiroirs l'argent qu'elle nous remettait.
DUBOIS
La maladroite ! — J'ai quelques sommes en caisse ; Il faut prendre des Nord, pendant qu'ils sont en baisse: Donnez ordre au courtier d'en acheter vingt-cinq. Et de vendre nos Docks et nos Mines de zinc.
— Suivez-moi.
Ils sortent, PIERRE, seul.
Ce que c'est pourtant que la fortune!
Nous sommes nés, tous deux, dans la même commune Nous avons mené paître ensemble les brebis.
Portant sous notre blouse un morceau de pain bis.
— Il est parti, voilà quatre ans au prochain terme ; C'est déjà riche! — et moi, je suis valet de ferme. J*ai beau piocher, bêcher et herser le terrain, Semer et moissonner, battre et vanner le grain , Me lever avant Taube et rentrer à nuit close , Travailler comme un bœuf qui jamais ne repose. Quand je vivrais cent ans, je ne gagnerais pas
Ce qu'il gagne en un mois, en se croisant les bras.
Avec dépit.
C'est-il juste ?
Kentre Dubois, DUBOIS.
Pardon ; c'était ma clientèle :
J'ai la mienne et monsieur a la sienne : il a celle