‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 128 sur 234 · ACTE PREMIER. t · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. t

On a fait peu de rien , et de peu quelque chose ;

Pour arriver à tout, il suffit que Ton ose;

Le plus rude est franchi; le chemin est frayé;

Du gouffre qu'on côtoie on n'est pas effrayé,

On monte ; — et, quand on touche au faîte inabordable,

Vient la chute rapide , immense , formidable.

Cette histoire, commune à bien des gens à bas,

Serait la tienne encor, mon cher, en pareil cas.

LÉON

Oh! je suis sûr de moi; j'aurai celle que j*aime, Kt je m'arrêterai.

DELATOUR

Bah ! tous disaient de même.

— Et, voyons, si tu perds ?

LÉON

Si je perds?

DELATOUR

Car enfin La chose est arrivée; elle arrive au plus fin.

LÉON

Oh! si je perds!...

DELATOUR

Eh bien , quel sera le remède ?

Ne crois pas appeler ton courage à ton aide ; Les travaux patients soulèvent les dédains , Et Tappât de profits énormes et soudains,

— C'en est peut-être là l'effet le plus funeste, — Nous dégoûte à jamais d'un gain lent et modeste.

— Que deviendras-tu donc?

LÉON

A la garde de Dieu!

Ayant perdu Camille, il m'importera peu.

178 LA KOLUSE.

Vingt mille écus de plus ou de moins, bagatelle! Autant mourir de faim que de vivre sans elle î

DELATOUR

Mais...

LÉOX.

Je nai qu'un moyen de salut; j'en rougis Et j'en use.

DELATOUR

Pourtant...

LÉOX.

Ne prêche pas; agis.

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