‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 153 sur 234 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, LÉON.

Léon salue Camille et Julie, puis \a serrer les mains à M. fiernard. M. BERNARD, bas, à Léon, qu'il attire à part.

Gagnons-nous, hein?

LÉON, A part.

Encor cent mille francs perdu !

A M. Bernard.

Oui.

Nos Chemins?

M. BERNARD

LEON

Fort bons.

M. BERNARD

Tu les as tous vendus?

LÉON

Non, j'ai gardé.

M. BERNARD

Pourquoi?

LÉON

Nous monterons encore.

A part.

Maudite baisse! à quoi Timputer? Je Tignore.

JULIE , à Camille, en lui montrant Léon.

Vois comme il est ardent à te faire sa cour.

M. BERNARD, se frottant les mains.

Nous montons donc?

LÉON

Sans doute.

A part.

Incroyable retour!

S'il faut croire aux calculs de la prudence humaine. Pour qui sait observer, la paix semble certaine. — D'où vient qu'on a baissé?

31. BERNARD, qui, pendant ce temps, a tiré son carnet et recommencé ses calculs.

Nous montons! En ce cas Pourquoi jusqu'au coteau ne m'étendrais-je pas?

JULIE, à Camille.

Et ce serait bien pis encore , après la noce.

M. BERNARD

Dis-moi : quand nous serons à mille francs de hausse , Soyons prudents; vendons.

LÉOX.

C'est bien.

A part.

Surcroît d*ennui !

Perdre ! et faire semblant de gagner devant lui !

Haut, ayant l'air de rire.

Que diriez-vous, si vous perdiez?

M. BERNARD

Peste ! prends garde!

Tu m*as embarqué là; la chose te regarde.

Je voulais vendre, moi, sitôt que j'eus gagné; Je t'en ai donné Tordre , et tu l'as dédaigné.

— Est-ce que nous perdons?

LÉON

Mais non. J'ai voulu rire.

C'était une épreuve.

M. BERNARD

Ouf î à peine je respire.

Je veux bien gagner, oui; mais pour perdre, non pas. Un beau moyen, vraiment, de m'arrondir là-bas! Perdre une somme énorme ! un père de famille !

— Ahl pour le coup, voisin, tu n'aurais pas ma fdle.

LÉON

Mais n'ayez donc pas peur.

Lui montrant les dames.

C'est trop causer, à part; Ces dames étant là, c'est un manque d'égard.

Il fait un pas vers les dames.

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