‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 152 sur 234 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JULIE, CAMILLE, puis M. BERNARD.

JULIE, à Camille.

Eh bien, cela ne t'émeut point?

Cœur de rocher!

CAMILLE

Il a mon estime en tout point ; Ne demande pas plus.

M. BERNARD, entrant, un carnet et un crayon à la main» comme un homme absorbé dans ses calculs.

L'affaire est fort jolie; Cent actions!...

JUI^IE, lui faisant la révérence.

Monsieur...

M. BERNARD

Ah! ah! bonjour, Julie.

— Léon n'est pas ici?

CAMILLE

Pas encore.

M. BERNARD, continuant ses calculs.

Je prends A mille, et je revends à quatorze cents francs...

Julie 4e met tout à fait devant lui, avec force révérences.

Ne vous dérangez pas ; causez avec Camille.

— Bénéfice bien clair et net : quarante mille. Ma foi , vive la Bourse !

A Julie, qui le salue chaque fois qu'il lève les yeux de dessus son carnet.

Eh bien , quoi de nouveau ?

JULIE

Je suis...

M. BERNARD, sans l'écouter.

Je puis payer le pré de Jean Claveau.

JULIE, lui faisant une nouvelle révérence.

J*ai rhonneur...

M. BERNARD

Maintenant que je tiens chaque rive, Il faut tirer parti de Teau courante et vive.

A Julie et à Camille.

Parlez donc!

Continuant à se parler à lui-même.

Un moulin serait bien placé là; Quelque vingt mille francs suffiraient au delà.

A Julie.

Pourquoi ne pas parler?

JULIE

Mais j'attends qu'il vous plaise M'accorder un regard, dont je serai fort aise.

M. BERNARD

Ah ! c'est que je suivais un calcul important

JULIE , allant à Camille, absorbée dans ses pensées.

Voilà l'échantillon du plaisir qui t'attend.

Revenant vers M. Bernard.

Monsieur Bernard!...

M. BERNARD

Plaît-il?

JULIE

Vous aviez plus de verve, Autrefois.

M. BERNARD

Vous croyez?

328 LA BOUliSE.

JULIE

Oui. Paris vous énei"ve.

M. BERNARD

Ah bâh!

JULIE

Je vous ai vu galant dans vos beaux jours ; Vous fûtes très-aimable.

Ëh ! je le suis toujours.

JULIE, riant.

Il y parait.

CAMILLE, s'approchant.

Julie a raison; oui, mon père, Quittons Paris; fuyons cette impure atmosphère; Tous dans Tair des hameaux retrempons nos esprits.

M. BERNARD

Quand j'aurai mon moulin , nous quitterons Paris. — Voici Léon , enfin !

JULIE, à part.

Ah I ah I je lui ménage Une exécution , à ce beau personnage.

Ello se rassied auprès de Camille.

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