SCÈNE III
Les Mêmes, PORCHKKS.
CHOKUR DES PORCHERS^
Salut, chef des porchers, noble Eumée! On ramène Les porcs nourris de glands dans les bois du domaine ; Nous les avons conduits, tant qu'a duré le jour, Mais Tétoile du soir nous invite au retour.
EUMEE.
Salut, pasteurs! — Hélas! mes peines et les vôtres Engraissent ces troupeaux pour la table des autres. Quel plaisir avons-nous, en allant au travail. Quand des usurpateurs mangent notre bétail?
Je voudrais travailler deux fois plus aux étables , Si mes soins profitaient aux maîtres véritables. — Prenez place, pasteurs. C'est pour cet étranger Qu'on devance aujourd'hui les heures du manger.
Les porchers s'assoient aux deux tables et mangent. — Buméo se tournant vers Ulysse.
Non , vieillard , tant de biens ne sont pas mon partage ;
Un plus puissant que nous avait cet héritage.
Certe, il était puissant; tu n'en trouverais point,
Ici, ni même ailleurs, qui fût riche à ce point.
Vingt princes réunis l'égaleraient à peine.
Juge de sa richesse! Il avait, dans la plaine,
Douze troupeaux de bjeufs , et douze de brebis
Dont la laine servait à filer ses habits ;
Et, de plus, il avait ici, dans douze étables.
Douze troupeaux de porcs qui fournissaient ses tables.