‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 17 sur 234 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

— Ah! s'il avait vécu, ce bon maître, aujourd'hui Je n'aurais pas besoin de servir chez autrui !

Car sa bourse pour moi n'était jamais fermée ;

— J'étais son intendant et je m'appelle Eumée. — 11 m'eût donné des champs avec une maison ,

Et tous les instruments propres à la moisson ; Il m'eût choisi lui-même une femme économe <)m double par ses soins les épargnes de l'homme; Knfin il m'eût traité , comme un maître parfait Traite un bon serviteur dont il est satisfait.

— Mais il est mort. Plutôt fût morte c^tte Hélène Pour qui tant de héros sont couchés dans la plaine! Notre maître a suivi tous ces guerriers fameux.

Et sur des bords lointains il a péri comme eux.

LE CHOEUR

Que de sang a rougi la terre , Versé par l'homicide Mars, Depuis qu'un berger adultère Ravit Hélène aux doux regards !

Combien d'épouses t'ont maudite, Funeste présent d'Aphrodite, Hélène, fille de Léda, Depuis qu'emportant son amante Paris fendit l'onde écumante.

Sur le sapin du mont Ida !

Pour venger l'affront des Atrides , La Grèce arma mille vaisseaux.

Grèce! tes fils intrépides Sont morts dans les sanglants assauts.

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