‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 177 sur 234 · REYNOLD, DELATOUR · texte numérisé non relu

REYNOLD, DELATOUR

REYNOLD, à Delatour.

N'est-il pas incroyable Que la Bourse ait troublé même ce pauvre diable !

DELATOUR

C'est une frénésie, une contagion;

Nul n'en est à l'abri, dans nulle région;

Vous seul , vous restez pur ; mais le poste où vous êtes

Ne tombe pas toujours en des mains si discrètes,

Je sais comment la houille en or se convertit,

Et que plus d'un filon à la Bourse aboutit;

Mais écoutez ce bruit des marteaux sur l'enclume;

Regardez ces fourneaux où le charbon s'allume;

Voyez ces employés, ces caissiers, ces commis,

Ce peuple d'ouvriers dont j'ai fait mes amis;

De leurs rudes accents mon oreille est charmée;

Ce tumulte me plaît; j'aime cette fumée.

Tantôt je vais m'asseoir au foyer d'un mineur;

J'aide un pauvre ménage ; — et voilà pour le cœur.

Tantôt, rêveur ardent, je cherche, j'imagine;

J'organise un travail; j'invente une machine;

J'écarte les dangers par un mode nouveau;

Je suis un créateur. — Voilà pour le cerveau.

C'est mon armure; c'est ainsi que je repousse

Les aiguillons du jeu, que le travail émousse.

— Vous avez vu , monsieur, dans quelque ancien roman ,

Ces cercles enchantés que trace un nécroman ,

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