REYNOLD, DELATOUR
REYNOLD, à Delatour.
N'est-il pas incroyable Que la Bourse ait troublé même ce pauvre diable !
DELATOUR
C'est une frénésie, une contagion;
Nul n'en est à l'abri, dans nulle région;
Vous seul , vous restez pur ; mais le poste où vous êtes
Ne tombe pas toujours en des mains si discrètes,
Je sais comment la houille en or se convertit,
Et que plus d'un filon à la Bourse aboutit;
Mais écoutez ce bruit des marteaux sur l'enclume;
Regardez ces fourneaux où le charbon s'allume;
Voyez ces employés, ces caissiers, ces commis,
Ce peuple d'ouvriers dont j'ai fait mes amis;
De leurs rudes accents mon oreille est charmée;
Ce tumulte me plaît; j'aime cette fumée.
Tantôt je vais m'asseoir au foyer d'un mineur;
J'aide un pauvre ménage ; — et voilà pour le cœur.
Tantôt, rêveur ardent, je cherche, j'imagine;
J'organise un travail; j'invente une machine;
J'écarte les dangers par un mode nouveau;
Je suis un créateur. — Voilà pour le cerveau.
C'est mon armure; c'est ainsi que je repousse
Les aiguillons du jeu, que le travail émousse.
— Vous avez vu , monsieur, dans quelque ancien roman ,
Ces cercles enchantés que trace un nécroman ,