‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 212 sur 234 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

TROIS FEES, sar le devant de la scène, à la place d'an bouquet d'arbrisseaux qui a disparu.

PREMIÈRE FÉE

D'où viens-tu, pâle, échevelée.

Ma sœur?

DEUXIÈME FÉE

Du fond de la vallée ; J'échappe au méchant bûcheron.

Dans le lierre il m'a découverte , Quand, changée en couleuvre verte.

Je sommeillais ployée en rond.

En vain, je fuis et me dérobe, Déchirant aux buissons ma robe.

Et m'enfonçant dans les cailloux; J'allais expirer sous la hache, l-n chevalier, au blanc panache , Du rustre a détourné les coups.

« Merci, lui dis-je; dans ton âme Je lis des soupçons sur ta femme ; Mets à son doigt ce diamant :

Il brille sur la main fidèle ,

Mais il se trouble au doigt de celle Qu'en secret visite un amant. »

PREMIÈRE ^ÉB.

Cette épreuve est bien dangereuse.

DEUXIEME FÉE

Non ; j'en savais Tissue heureuse :

Le bleu saphir restera pur.

PREMIÈRE FÉE

La dame est donc sans artifice?

DEUXIÈME FEE

Non : mais la pierre est sans malice , Et rien n'en peut troubler l'azur.

Page 1