TROISIÈME FÉE
Moi, je viens d'un double baptême.
Du baptême de deux jumeaux, Et je les ai tenus moi-même Au-dessus des fonts baptismaux.
A l'un j'ai donné le génie ; Mais l'insulte et la calomnie.
Dogues hurlants, vont accourir.
Il sera fier, loyal, sincère; Dans l'amertume et la misère Il mourra, content de mourir.
A l'autre, meilleure marraine, Donnant la médiocrité , J'ai dit : n Ne crains rien de la haine; Sois un sot; tu seras vanté.
Va, gonfle-toi de ta sottise; Monte, rampe, intrigue, courtise Et le peuple et les grands seigneurs; De paroles graves et dignes
Couvre tes lâchetés insignes.
— A toi l'estime et les honneurs ! »
PREMIÈRE FÉE
Moi, pour rafraîchir «ma toilette, J'ai dépouillé les verts sentiers; J'ai poursuivi la violette , Dans son nid, sous les églantiers.
Des papillons coupant les ailes.
Je m'en suis fait un éventail ; Aux cuirasses des coccinelles Je dois mon collier de corail.
J'ai trouvé mes boucles d'oreille Dans la rosée, au fond des fleurs; J'ai pris au dragon qui sommeille L'escarboucle aux mille couleurs.
La feuille du houx m'a peignée Vers le miroir des étangs bleus ; La dentelle de l'araignée Sert de résille à mes cheveux.
L'épine du prunier sauvage Fournit d'épingles mon corset ; Et parmi les joncs du rivage J'ai choisi mon souple lacet.
DEUXIÈME FEE
Silence ! Voici notre reine, £t Robin, le joyeux lutin.
it8 CE (JUl PLAIT AUX FEMMES.