SCÈNE IX
Les Mêmes, LOUISE, qui rontre chargée de dirers objets qu'elle dépose dans un coin.
LA COMTESSE, à do Flévioux.
Ah! encore un acte de tyrannie. — Avez-vous votre bourse ?
DE FLEVIEUX.
Oui ; la voici.
LA COMTESSE, montrant Louise.
Eh bien , videz-la dans les mains de cette jeune fille. (Le
comte tend sa bourse à Louise qui so retire. )
LOUISE
Non, monsieur; c'est trop. Madame m*a déjà comblée de bienfaits.
LA COMTESSE, prenant la bourso ello-mi>rne, et la mettant de force» dans los mains de Louise.
Acceptez, mon enfant, acceptez, je vous en prie. Ce sera pour votre dot.
LOUrSE , prenant la bourse et baisant les mains do la comtesse.
ma bienfaitrice ! Conmient vous remercier! comment vous dire tout ce que je sens! — Vous m'avez sauvée, — peut-être de la honte.
LA COMTESSE, au cointL*, u)>rès avuir ouvert la lettre qu'il lui a rendue , et en avoir retiré une bague.
Celui à qui la lettre était adressée est mon ancien bijoutier. Cette bague est à secret ; — un mécanisme merveilleux, on ne peut plus délicatement travaillé! il s'était brisé, et, comme personne ne pouvait le réparer, sauf l'inventeur, j'avais imaginé de vous envoyer à sa poursuite.
(A GonUrd, en lui offrant la bague.) Tcllc qu'elle eSt, VCuiUeZ
l'accepter. C'est vous qui avez remporté le prix. J'ai promis
une récompense au vainqueur» et, si vous ne croyez pas que ce soit assez de la bague, voulez-vous accepter la main qui la portait ?
GONTARD
Ah I cousine ! vous me rendez le plus heureux -des hommes !
LA COMTESSE, à Gontard.
Je suis donc la bonne femme que vous rêviez pour épouse ?
GONTARD
Ob! oui, mille fois oui. J'en suis sûr maintenant. — Tenez : si cette journée ne vous avait pas touchée au cœur, je ne vous aurais jamais revue. (Lui prenant la main.) Vous n'auriez pas été la femme adorable à laquelle je suis fier de consacrer mon existence.
LA COMTESSE, gaiement.
Ah! c'était une épreuve réciproque? Eh bien, loin de vous en vouloir, je vous en estime davantage, (au comte.) Vous, cher comte, soyez notre hôte d^ tous les jours.
DE FLÉVIEUX.
Merci, madame; votre bonté me pénètre. — Hélas I je vous aimais encore mieux méchante — et veuve.
LA COMTESSE, X Gontard.
Kamenez-moi à mon hôtel, (a Louise.) Au revoir, mon eufant !
LOUISE
Adieu, madame, et soyez bénie! (La comtesse sort avec oon-
tard et de Plévieux.)